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Le culte du National

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 5 avril 2008 à 13:03
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Le culte du National
C'était en 1986. Pendant que les Canadiens de Montréal, avec devant leur filet un jeune prodige du nom de Patrick Roy, décrochaient l'emblème de la suprématie dans la Ligue nationale de hockey, la Vieille-Capitale célébrait elle aussi la conquête de la coupe Stanley… par le National de Québec.
Du coup naissait une véritable histoire d'amour entre le public et les personnages de la télésérie Lance et Compte. Tout droit débarqué de Trois-Rivières quelques semaines à peine après avoir permis aux Dragons de Trois-Rivières de mettre la main sur la coupe Memorial, un jeune frisé qui sera plus tard surnommé «le chat» devenait rapidement l'idole d'un peuple, voire son Messie.

Semaine après semaine, des centaines de milliers de téléspectateurs suivent les exploits de Pierre Lambert, les premières amours de sa sœur Suzie, les écarts conjugaux de Marc Gagnon, les sautes d'humeur de Jacques Mercier et les tribulations journalistiques de Lucien Boivin.

L'ingrédient principal des auteurs était à lui seul garant du succès de la recette. Parce qu'au Québec, le hockey se veut, n'en déplaise aux membres du clergé, bien plus qu'un sport : c'est une religion. Pas pour rien que plus de 10 000 personnes se sont réunies dans le Colisée, dimanche dernier, afin d'assister au tournage du nouveau volet de la saga signée Réjean Tremblay.

Pendant que les églises peinent à attirer les foules, une télésérie née il y a plus de 20 ans, 22 pour être précis, fait presque salle comble dans un amphithéâtre de béton qui n'a pour seul vitrail qu'une immense photo du gardien Roberto Luongo annonçant la tenue prochaine du Championnat mondial de hockey. Certains inconditionnels ont même dû être traités pour des engelures tellement ils souhaitaient arriver tôt afin de bien voir leurs favoris. C'est là un signe qui ne ment pas.

On reconnait les grandes «œuvres» aux souvenirs impérissables qu'elles laissent dans la mémoire collective. Le masque porté par le fantôme de l'opéra, la robe blanche de Marilyn et la canne de Chaplin n'en sont que quelques exemples.

En ce sens, la télésérie du réalisateur Jean-Claude Lord a marqué à jamais l'univers télévisuel. En plus de devenir le principal sujet de conversation de toute une population, elle permettait à deux formations québécoises de remporter la coupe Stanley… la même année!

Vous doutez encore de l'impact de Lance et Compte ? Demandez à vos proches qui a inscrit le but gagnant du dernier match de la série finale de la coupe Stanley 1986 opposant le Canadien de Montréal aux Flames de Calgary. Après avoir nommé une demi-douzaine de joueurs, ils finiront par donner leur langue au chat. La réponse est Bobby Smith. Ensuite, faites le même exercice à savoir qui a marqué le filet décisif en prolongation dans le match numéro sept mettant aux prises le National de Québec et les Bruins de Boston. Tous vous répondront : Pierre Lambert!

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