Monique Jutras sera accompagnée du violoneux Jean-Pierre Joyal lors de son spectacle du 30 mars.
(Photo: courtoisie)
Chansons, turlutes et musiques du monde… d'ici
Le folklore de Monique Jutras
Monique Jutras montrera la joie de vivre et le dynamisme du folklore québécois dans son spectacle intitulé «Chansons, turlutes et musiques du monde… d’ici».
«Le titre choisi est un peu une boutade, parce que les diffuseurs et les programmateurs de musique aiment beaucoup la musique du monde d'ailleurs. Si je joue, par exemple, à Toronto ou à Vancouver, je suis classée dans la catégorie musique du monde», explique-t-elle.
La folkloriste sera accompagnée du violoneux Jean-Pierre Joyal, lors de ce spectacle du 30 mars, à la salle Montaigne du cégep de Limoilou – campus de Charlesbourg.
L’ethnologue et musicienne présentera au public un répertoire très varié, incluant des chansons à répondre, des complaintes et des turlutes. «J'ai commencé à m'intéresser à la turlute de Little-Delisle. J'avais écrit quelques couplets pour m'amuser. La chanson a accroché le public; ça m’a amenée à sortir mon premier disque.»
Rappelons qu’une pièce folklorique est une chanson d’auteur anonyme ayant été transmise de bouche à oreille, d’une génération à l’autre. «Ces mélodies ont traversé le temps sans support musical. Il est clair qu’elles possédaient des qualités rythmiques et mélodiques indéniables», souligne Mme Jutras.
Dans les chansons folkloriques, les symboles sont très présents. «Nos chansons à répondre peuvent être à double sens. Au Moyen Âge, cueillir la rose blanche, c’est perdre sa virginité. Quant au rossignol, c’est le consolateur des amoureux, le messager des amours», détaille-t-elle.
Préjugés
Dans les années 1970, la musique folklorique était très valorisée; ça représentait les sources, les racines. «Je commençais à m'intéresser au folklore et en même temps, c'était la grosse mode. Mais j'avais une approche différente des autres. Contrairement à Michel Faubert qui est de style fusion, mon approche est axée vers le classique; dans mon projet, j’ai des collaborateurs de l'ensemble Claude Gervaise», décrit-elle
En 1972, un de ses amis lui a suggéré de mettre la main sur «Acadie-Québec», un document d'archives que les folkloristes de l'Université Laval ont mis sur le marché. «C’était de très bons chanteurs et les enregistrements étaient de haute fidélité.»
La période des vaches maigres est arrivée dans les années 1980 et 1990. Le folklore a connu ensuite une remontée en popularité. «Au début des années 2000, j’ai incarné pendant deux étés la Bolduc, dans le spectacle «Sur les traces de la Bolduc».
Le folklore semble être de retour de plus bel, mais les critiques ne sont pas loin. «On se heurte à des préjugés qui ne datent pas d'aujourd'hui; c’est très ancré dans la culture québécoise.»
La salle Montaigne du cégep Limoilou est située au 7600, 3e Avenue Est, à Charlesbourg.
«Ces mélodies ont traversé le temps sans support musical. Il est clair qu’elles possédaient des qualités rythmiques et mélodiques indéniables»
(Photo: courtoisie)