Serge Beausoleil
Battage médiatique gigantesque dans l'affaire Roy
Les événements qui ont marqué le deuxième match de la série opposant les Saguenéens de Chicoutimi aux Remparts de Québec sont inexcusables tout en étant pour plusieurs inexplicables. Mais les pseudos connaisseurs qui crient au loup dans ce dossier auraient tout avantage à faire la part des choses.
J'aimerais qu'on me comprenne bien. Jamais au grand jamais je ne cautionnerai ce genre d'attitudes lors d'un match de hockey. Les sanctions imposées par le président de la Ligue de hockey Junior majeur du Québec, Gilles Courteau, sont méritées et reflètent bien la gravité des événements en cause.
Là où je m'insurge concerne l'immense battage médiatique qui a suivi la rencontre. L'opportunisme que certains ont fait preuve est complètement hallucinant. Je trouve même que l'empire Quebécor a fait son chou gras de cet événement quand la charge de Tommy Tremblay des Cataractes de Shawinigan contre le gardien de but Ryan Mior des Olympiques de Gatineau était à mon avis bien plus grave.
Pourtant, cette charge sauvage n'a pas passé en boucle sur les ondes de LCN pendant toute la journée comme ce fut le cas avec la mêlée du Centre Georges-Vézina. On a une preuve flagrante qu'on a décidé de tabler sur la notoriété de Patrick Roy plutôt que sur la gravité du geste posé par le joueur des Cataractes.
J'ai été entraîneur dans la ligue semi-professionnelle Senior pendant cinq ans. J'en ai vu des mêlées générales et des gestes disgracieux pendant cette association. Des choses qui m'ont écoeuré de ce genre de comportement. On avait atteint une limite qui reléguait le hockey au deuxième rang de manière à favoriser le «folklore», comme on aimait appeler cela.
Le hockey étant un sport de contact, il est normal que dans le feu de l'action des bagarres éclatent. Je n'ai pas de problème avec cette situation. Un gars comme Mike Brault a livré plus de 1 000 combats dans sa carrière. Jamais il n'a pourtant frappé un adversaire qui était en mauvaise posture lors d'un combat. À ce titre, il a gagné mon respect.
Derrière un banc, on n'y peut presque rien quand on est confronté à ce genre de situation. On a beau essayer de retenir le plus possible ses joueurs, il suffit que d'une étincelle pour que tout pète…
J'ai eu la chance de voir à la télévision les deux premiers matchs de la série Remparts-Saguenéens. On ne peut pas dire que les joueurs de Chicoutimi sont blancs comme neige. Enfin, souhaitons que l’intensité demeure au niveau de la glace et dans les pièces de jeu. Quoi qu’on en dise, je crois profondément aux vertus éducatives du hockey et les tristes événements du week-end dernier nous dictent de garder la tête froide. Même en séries éliminatoires.
Propos recueillis par Denis Fortin