Le mouvement d'accès à la propriété et la construction massive de copropriétés favorisent l'apparition de pancartes «logements à louer» selon la CORPIQ.
Des loyers faibles menacent le parc immobilier
Malgré un taux de chômage bas et un revenu disponible par habitant en hausse, les Québécois continuent de payer moins que la moyenne des Canadiens pour louer un logement. Cette situation, combinée à la hausse du taux d’inoccupation qui atteint maintenant 2,6 % au Québec, risque de rendre plus difficile la préservation de la qualité du parc de logements, estime la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).
L'organisme appuie ses appréhensions sur les plus récentes statistiques publiées par la SCHL. D'après ces données, le loyer mensuel au Québec pour un logement de deux chambres à coucher atteint 616 $ en moyenne dans les villes de plus de 10 000 habitants. Ce loyer moyen est inférieur de 20 % à la moyenne canadienne (772 $). Seuls les locataires de la province de Terre-Neuve paient un montant moindre.
La CORPIQ attribue cette situation en bonne partie à la politique de contrôle des loyers la plus restrictive au pays maintenue en place par la Régie du logement et le gouvernement du Québec. Pour 2007, la hausse de base des loyers autorisée n’a en effet été que de 1 % environ, un taux bien inférieur à celui de l’inflation en général.
Par ailleurs, devant le nombre de logements vacants au Québec qu’elle estime maintenant à plus de 35 000, la CORPIQ en appelle à une meilleure planification de la part des gouvernements et des promoteurs privés. Le regroupement de propriétaires souhaite ainsi éviter un déséquilibre du marché, comme ce fut le cas il y a 10 ans.
«Il est clair que le contrôle des loyers par l’État, ainsi que les manques à gagner des propriétaires découlant du nombre grandissant de logements vacants, constituent des obstacles majeurs à la rénovation du parc vieillissant de logements locatifs privés au Québec», allègue la CORPIQ dans un communiqué. L'organisme revient donc à la charge pour que gouvernements et municipalités privilégient les suppléments aux loyers privés dans des bâtiments existants, plutôt que les investissements coûteux dans la construction de logements sociaux.
«Ces dernières années, le mouvement d’accès à la propriété, la construction massive de copropriétés par des promoteurs (dont une bonne partie est offerte en location), la construction de foyers pour personnes âgées, ainsi que la construction de logements sociaux, constituent autant de facteurs qui ont faire ressurgir nombre d’affiches “à louer” pour les logements du marché locatif traditionnel», s'inquiète la CORPIQ.