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En bonne position pour résister à la crise

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 29 mars 2008 à 22:21
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En bonne position pour résister à la crise
L'accès au crédit se maintient au Canada, ce qui est un bon signe pour la santé de l'économie, à défaut d'être toujours le cas pour les particuliers.
En bonne position pour résister à la crise
Quand les États-Unis toussent, le Canada attrape-t-il toujours le rhume? Il semble bien que pour l'instant, le système immunitaire canadien soit assez fort pour résister à la vilaine grippe de l'économie américaine. Le Québec, en particulier, devrait s'en tirer à bon compte.
C'est du moins ce que prévoient les économistes du Mouvement des caisses Desjardins qui publiait cette semaine ses prévisions économiques. La demande intérieure vigoureuse de l'économie canadienne devrait avoir l'avantage sur les déboires du secteur extérieur et résulter en une faible croissance de 1,3% pour 2008, «la moitié moins que celle enregistrée en 2007, soit 2,7%», précise toutefois Yves St-Maurice, directeur et économiste adjoint chez Desjardins.

Au Québec, les investissements publics en infrastructures jumelés aux baisses d'impôts devraient permettre à l'économie d'afficher une faible croissance, soit 1,2%, estiment les économistes de Desjardins. «Les baisses d'impôts de 950 M$ du gouvernement Charest ainsi que la réduction fédérale de 900 M$ accordée aux ménages québécois donneront un coup de pouce aux consommateurs», écrivent-ils.

L'un des facteurs aggravants de la crise que traversent présentement les États-Unis est le resserrement des conditions de crédit en raison, entre autres, d'une perte de confiance généralisée entre les banques elles-mêmes. Du côté canadien de la frontière, ces conditions de crédit semblent emprunter le chemin inverse, puisque les dernières statistiques de la Banque du Canada font état d'un crédit des entreprises augmentant à un rythme de 16% par année, «parmi les croissances les plus fortes des 20 dernières années», selon David Wolfe, économiste chez Merril Lynch. Même tendance du côté des consommateurs où le crédit des ménages croît à un rythme de 10% annuellement.

Incidemment, le sondage trimestriel de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI) sur les perspectives des PME au Canada fait état d'un niveau d'optimisme en léger recul, sans plus. «Ces résultats sont encore loin d'exprimer un pessimisme profond, affirme Simon Prévost, vice-président de la FCEI pour le Québec. D'une manière générale, les sources de préoccupations restent pratiquement les mêmes, soit les prix, l'énergie, l'économie américaine et les taux de change. Cependant, malgré le ralentissement, l'économie des PME du Canada ne semble pas suivre la même trajectoire extrême que celle des États-Unis.»
Prudence chez les petits investisseurs
Conseiller en sécurité financière chez R.E.G.A.R., Luc Vallières a constaté une diminution des contributions au REER chez ses clients. «Sans que les gens nous l'expriment clairement, nous ressentons davantage de prudence chez les investisseurs. Face à l'incertitude économique, les gens préfèrent garder plus de liquidités ou évitent d'investir en raison de la volatilité des marchés. C'est un peu la même situation qu'en 2001 et 2002.»
Les investisseurs devraient pourtant résister à ce réflexe tout à fait naturel, croit M. Vallières. «Je demeure convaincu que c'est lorsque les marchés sont les plus volatils que l'on peut profiter des plus belles occasions. C'est le temps d'acheter des pommes quand elles sont en spécial», image-t-il.

Le style d'investissement que privilégie Luc Vallières est conséquent avec ce principe. «Je préconise le placement mensuel qui permet d'acheter davantage quand les cours sont bas et de ralentir quand ils sont plus élevés.» Ainsi, l'ajustement se fait de façon automatique, les achats étant étalés sur des périodes plus longues, ce qui réduit les risques associés à la volatilité des marchés.
La ville de Québec parmi les plus concurrentielles
Histoire de stimuler cet «optimisme prudent», la firme KPMG plaçait cette semaine la ville de Québec parmi les plus concurrentielles du Nord-Est de l'Amérique du Nord, dans une étude comparant les coûts d'exploitation de 136 villes dans dix pays d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Asie du Sud-Est.
«Les villes québécoises offrent aux entreprises divers avantages économiques et non économiques, dont des coûts d’exploitation bas, des taux d’imposition concurrentiels, un niveau élevé de qualité de vie, un excellent accès aux soins de santé et un système d’éducation de haute qualité», explique Nathalie Bernier, associée directrice du bureau de KPMG à Montréal.

Malgré la force du dollar canadien, «Sherbrooke, Québec et Montréal maintiennent leur avantage concurrentiel sur les autres villes du Nord-Est grâce à leur forte compétitivité dans les secteurs pharmaceutique, de l’automobile, de la biotechnologie, des télécommunications et de l’aérospatiale », ajoute Carl Deslongchamps, associé chez KPMG. Ainsi, Québec est la cinquième ville la plus concurrentielle au Canada et la deuxième au Québec après Sherbrooke.
Les attentes des chefs d’entreprise pour les 12 prochains mois
Les 5 plus optimistes:

- Conseillers financiers;

- Restaurants à service complet;

- Services vétérinaires;

- Grossistes de matériel de chauffage, ventilation et climatisation;

- Courtiers d'assurance

Les 5 plus pessimistes

- Grossistes de produits pétroliers

- Grands éleveurs de bovins

- Camionneurs propriétaires-exploitants

- Entreprises de parcs de camions

- Fabricants de machinerie

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