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«Ici,on recycle!» veut convertir l'industrie

Éric Boucher par Éric Boucher
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Article mis en ligne le 28 mars 2008 à 11:12
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«Ici,on recycle!» veut convertir l'industrie
Quelque 43 % des treize millions de tonnes de déchets générés au Québec chaque année le sont par les commerces, industries et institutions. Certaines institutions comme Industrielle Alliance ont décidé de faire leur part même si elles n’y sont pas forcées.(Photo Eric Boucher)
«Ici,on recycle!» veut convertir l'industrie
L’automatisme du bac bleu est acquis pour nombre d’entre nous à la maison. Une certaine culpabilité est souvent ressentie, quand ailleurs, comme en milieu de travail, nous déposons à la poubelle ce qui serait revalorisé chez soi. Mais ça change tranquillement. Le programme «Ici on recycle!», mené par Recyc-Québec auprès des commerces industries et institutions, y contribue.
Quelque 43 % des treize millions de tonnes de déchets générés au Québec chaque année le sont par les commerces, industries et institutions. Le gouvernement conscient que sa Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008 visant à valoriser 65 % de celles-ci cette année est incomplète sans l’implication de tous les milieux lançait l’automne dernier, avec différents partenaires, la Table pour la récupération hors foyer pour les aires publiques. Actuellement au Québec, aucune obligation gouvernementale ne force une industrie, un commerce ou une institution à récupérer ses matières résiduelles.

Recyc-Québec, société d’État mandatée par le gouvernement du Québec pour promouvoir la réduction, le réemploi, le recyclage et la valorisation (3RV) souhaite encourager et faire connaître publiquement l’engagement et les réalisations des industries, commerces et institutions (ICI), qui mettent en place des mesures en faveur de la préservation de l’environnement dans leurs milieux.

Recyc-Québec offre aux ICI via son programme «Ici on recycle!» des outils d’accompagnement et une visibilité selon trois niveaux d’implication: Engagement, Mise en œuvre et Performance.

Le niveau Engagement vise à amener les ICI à s’engager à connaître leurs matières résiduelles et à mettre en place des mesures de 3RV dans leur établissement. Le niveau Mise en oeuvre atteste des efforts des ICI qui ont mis en place des mesures de 3RV. Le niveau Performance lui reconnaît les ICI qui ont atteint des résultats supérieurs de mise en valeur des matières résiduelles dans leur établissement. Ils doivent atteindre un taux global de mise en valeur de 80 % de ce qui peut être revalorisé des matières résiduelles.

Industrielle Alliance sur la Grande Allée Ouest s’est engagée dans le programme. L’entreprise vise à obtenir la reconnaissance de niveau performance.

«Nous l’avons fait pour préserver l’environnement, mais un de nos premiers objectifs étaient de stimuler le sentiment d’appartenance et de fierté chez nos employés, avance Catherine Drouin, directrice des communications chez Industrielle Alliance.»

Un rapport de caractérisation des déchets a été commandé: premier constat l’entreprise de services consomme beaucoup de papier: contrats, relevés, documents promotionnels, etc. On réduit alors la consommation de papier et des coûts d’achat de celui-ci, par l’impression recto/verso et l’encouragement à la numérisation.
Efforts multiples
Les 1 200 employés génèrent également beaucoup de déchets alimentaires, verres à café, bouteilles et cannettes. 150 000 repas sont consommés chaque année à la cafétéria des employés; la vaisselle lavable y fait alors son apparition afin de réduire la consommation de contenants jetables. Les résidus alimentaires de cuisine et de table de la cafétéria ainsi que le gazon et les feuilles mortes sont acheminés à un site de compostage. Des tasses lavables apparaissent aussi dans les salles de réunion permettant l’économie de 6 000 verres de polystyrène par année.
Chaque employé obtient son bac pour papier et carton et des bacs pour verre, métal, plastique sont accessibles dans les aires communes. Une boîte pour la récupération des piles est également installée. 1 200 cartouches d’imprimantes sont retournées aux fournisseurs en 2007. Une procédure de revalorisation du mobilier est mise en place: dans la même année, 500 ordinateurs et des meubles seront vendus aux employés. Le reste des équipements bureautiques est désassemblé par une entreprise qui en revalorisera le métal et le plastique. Environ 600 palettes de bois sont retournées aux fournisseurs. Des espaces pour garer les vélos sont aménagés ainsi que des douches et casiers. L’entreprise se dotera également d’un équipement pour broyer les fluorescents afin de recycler le verre.

«Des investissements ont dû être faits, mais le processus est rentable par la diminution du volume de déchets facturés au poids, la réduction de la facture d’énergie par la mise en place de systèmes de récupération de chaleur et d’éclairage moins énergivore, mais surtout par une image plus positive de la compagnie autant chez le public que chez les employés», estime Mme Drouin.

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