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Régis Labeaume: le défi de se maintenir au sommet

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Article mis en ligne le 28 mars 2008 à 9:30
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Régis Labeaume: le défi de se maintenir au sommet
Avec un appui populaire de 84 %, il faudra être fait fort pour déboulonner Régis Labeaume de son piédestal. Pragmatique, l’homme d’affaires qui a accédé à la mairie en décembre sait néanmoins qu’une hirondelle ne fait pas le printemps et que sa popularité pourrait commencer à s’étioler avant le temps des roses.

Pour ce faire, il peut compter sur ses bons amis syndiqués de la fonction publique municipale, qu’ils soient policiers, pompiers, cols bleus ou même les aubergines qui ont déjà commencé à manifester cette semaine devant leurs locaux de la rue Marie-de-l’Incarnation, pendant que les policiers viennent de quitter la table de négociation. Le printemps sera plus difficile pour le nouveau maire. Néanmoins, l’appui que le sondage Léger Marketing-Le Soleil-Le 93,3 lui accorde vient combler le déficit de légitimité que le vote de décembre dernier avait laissé derrière lui.

Il faut se rappeler que, bien qu’il ait été porté au pouvoir par 60 % des voix exprimées, celles-ci ne représentaient que 41 % de l’électorat. C’est peu pour installer confortablement son leadership. Les syndiqués l’ont compris, l’opposition aussi. Ils guettent chaque faux pas d’un maire en apprentissage, prêts à fondre sur lui à la première occasion. Or, grâce à son sens populaire, à son flair politique et surtout parce qu’il a livré la marchandise lors de ses premiers 100 jours à la mairie, il aura convaincu une grande majorité de citoyens qu’il était en mesure de redresser la barque après la fin de règne chancelante de Jean-Paul L’Allier et le tumultueux passage d’Andrée P.-Boucher.

La défaite qu’il vient d’encaisser aux mains du Renouveau municipal de Québec (RMQ), dans le dossier de la fluoration de l’eau, ne lui fera pas mal. Au contraire, son exécutif et lui s’en tirent avec les honneurs de la guerre, après avoir habilement suggéré de reporter le débat à plus tard après que toute l’information ait pu être diffusée et qu’une consultation populaire soit tenue sur cette question. C’est le jeu de l’arroseur arrosé. Plus de 65 % de la population veut en savoir plus sur la fluoration. Le RMQ, parti soi-disant hautement démocratique et initiateur de la consultation permanente à la Ville de Québec, refuse catégoriquement. Position qui, au vote, est désavouée par deux séniors de son organisation. Quelle maladresse! Voilà tout ce qu’il faut pour que l’observateur s’interroge sur le type d’opposition déployé par Jean-Marie Matte et sur son propre leadership. Le RMQ a remporté une manche, mais il en sort beaucoup plus ébréché que le maire et ses proches.

Par ailleurs, le coup de sonde de cette semaine indique que la population partage le désir du maire Labeaume de revoir la gouvernance municipale, qui repose sur trop de conseillers. Du moins, 80 % des gens le croient et supportent le rapport Mercure. Le passage de huit à six arrondissements est toutefois plus litigieux, 63 % des gens restant derrière l’initiative. Ici, l’administration Labeaume devra éviter d’écorcher de trop près les sentiments identitaires des gens de Limoilou, qui ne voient pas d’un bon œil le jumelage proposé avec l’arrondissement La Cité et, du coup, perdre plusieurs représentants au conseil de ville. De même, la population de Lac-Saint-Charles se sent davantage en lien avec Charlesbourg qu’avec Val-Bélair, district avec lequel elle ne partage même pas une véritable voie d’accès carrossable. Jouer avec le sentiment d’appartenance d’une population est toujours risqué.

D’autre part, la réingénierie municipale ne doit pas se faire sur fond de recherche d’économie. Avec un budget de plus 1 G$, les 2,5 M$ que l’on compte sauver ne représentent même pas 1/25 de 1 % du budget de la Ville. Certes il n’y a pas de petites économies. Mais celle-ci s’apparente quand même à une économie de bouts de chandelle. Si c’est pour mieux équilibrer la représentation démocratique et/ou améliorer le processus décisionnel, soit, mais qu’on le démontre clairement.

Enfin, si le coup de priver les policiers de pantalons neufs parce qu’ils portent des «jeans» ou des pantalons de camouflage a fait bien rigoler dans les chaumières, l’administration municipale devra se méfier de la riposte syndicale. Les sans-culottes du président Jean Beaudoin pourraient bien concocter un petit chef-d'œuvre de stratégie pour piquer vivement leur Napoléon de maire dans ses faiblesses les plus apparentes. À la veille des grandes activités du 400e, il pourrait y avoir péril en la demeure.

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