Telle une magicienne, Danielle Tétreault transforme d’un coup de baguette magique un simple morceau de tissu en crinoline ou en minuscules bottes de cuir joliment lacées. (Photo Karine Bouchard)
Il était une fois… une créatrice de poupées
Il était une fois une artisane limouloise éprise de l’art. Magicienne aux doigts de fée, elle pouvait transformer n’importe quel bout de tissu ou objet orphelin en une merveilleuse poupée faisant la joie des connaisseurs. La légende raconte qu’elle habite toujours dans le quartier. On la surnomme… Danielle Tétreault.
Ses longs cheveux d’un brun presque noir nattés derrière son dos, les yeux vifs et le regard pétillant, Danielle Tétreault raconte avec passion l’histoire de ses poupées dans les moindres détails. Car elles lui sont chères et précieuses, ses petites protégées. Et l’artisane ne manque pas de leur vouer une attention très particulière. «J’ai commencé à confectionner des poupées en 2004, si je me souviens bien, relate-t-elle. J’en suis venue à faire des poupées par la force des choses. J’aime travailler avec énormément de substances. Je me tanne de toujours faire la même chose. Ainsi, je travaille entièrement à partir d’objets que je trouve et récupère.»
Telle une magicienne, Danielle Tétreault transforme d’un coup de baguette magique un simple morceau de tissu en crinoline ou en minuscules bottes de cuir joliment lacées. Les jardinières changent pour leur part rapidement de vocation pour servir de chevelure aux poupées, qu’elles soient filles ou garçons. «Ce sont les choses que je trouve qui m’inspirent, confie-t-elle. Les personnages que je confectionne sont toujours vivants, en quelque sorte. Je considère que ça leur donne plus de vie lorsque j’utilise ce que je trouve.»
Des broches articulées recouvertes de nylon servent d’ossatures aux petites poupées. Pirouettes, gymnastique et mouvements élaborés ne sont pas interdits pour les créations de Danielle. Le visage est modelé dans du papier mâché, puis dessiné à l’aide d’une substance colorée obtenue grâce à l’amalgame de l’œuf et de pigments huileux. Une technique maintes fois millénaire, baptisée tempera. «C’est une technique qui s’allie bien avec le papier mâché. Elle donne l’impression que les poupées sont vivantes et procure un éclat qui ressemble étrangement à la porcelaine.»
Minutieuse et attentionnée doit constamment être l’artisane aux doigts de fée. Une centaine d’heures de travail est nécessaire afin de compléter une poupée tout entière. Poupée qui se vendra par la suite à un prix oscillant entre 100 et 200 $.
Au cours d’une année complète, Danielle Tétreault confectionne une dizaine de poupées seulement. Car elle doit accorder une parcelle de son temps à une autre passion ; la peinture. Mais ça, c’est une autre histoire…
Quiconque souhaite entrer en contact avec l’artisane peut le faire par le biais de son adresse courriel (danielletetreault@sympatico.ca), ou du blogue de la Macédoine artistique, au
macedoineartistique.blogspot.com. Quelques poupées de Danielle Tétreault sont en vente à la boutique Arts d’ici, sise dans le Vieux-Port, et à La Dentellière, située sur le boulevard Champlain.