Un changement s'impose au conseil municipal de Québec
Les modifications proposées par le comité sur la gouvernance de la Ville de Québec généreraient des économies récurrentes de l’ordre de 2,5 M$ par an sans créer de déficit démocratique.
Formé en janvier par le maire Régis Labeaume, ce comité avait pour mandat d’évaluer le système de représentation électorale tout en respectant la structure des arrondissements ainsi que le principe de gouvernance politique. Dans leur rapport déposé lundi, les membres du comité recommandent de réduire de 37 à 24 le nombre d’élus et de huit à six le nombre d’arrondissements.
Le comité évalue à 1,3 M$ par an les économies générées par la réduction du nombre de conseillers. À cette somme, le maire Labeaume ajoute 1,2 M$ par an d’économies récurrentes provenant de la diminution du nombre d’arrondissements. Il serait toutefois superficiel de réduire le travail du comité à de simples chiffres aussi convaincants soient-ils.
En effet, ce document, qui contient 19 pages d’analyses et d’hypothèses et une cinquantaine de pages de tableaux synthèses et de cartes, est une véritable analyse de la représentativité électorale de la ville de Québec. Ainsi, après avoir constaté qu’aucune rationalité n’était à l’origine de la constitution de la structure électorale actuelle, le comité a élaboré et analysé diverses hypothèses en y introduisant la notion d’équilibre démographique et démocratique.
Comme l’a dit le maire Labeaume, la logique de l’analyse du comité est «implacable», ce qui rend sa recommandation difficilement contestable à moins de vouloir prétendre qu’un conseiller ne peut représenter adéquatement quelque 16 000 électeurs. À titre d’exemple, le comité souligne que le district électoral Les Sentiers compte 13 163 électeurs sans pour autant que sa représentativité en souffre, comparativement à des districts comme Samuel de Champlain ou Lac-Saint-Charles qui comptent respectivement 6 900 et 7 953 électeurs.
Par ailleurs, le comité souhaite que les conseillers élus occupent leurs fonctions à temps plein et renoncent, de ce fait, à tout autre travail rémunéré. Contrairement au reste du rapport, cette recommandation ne nous apparaît pas pertinente. Il n’est pas prouvé qu’on ne puisse effectuer un bon travail de conseiller même si on occupe parallèlement un autre emploi. M.Labeaume n’est d’ailleurs pas la meilleure personne pour prétendre qu’on ne peut exercer adéquatement plusieurs fonctions à la fois, lui qui, avant son élection, occupait la fonction de directeur général de la Fondation de l’entrepreneurship, était propriétaire d’une entreprise et siégeait à de très nombreux conseils d’administration.
En résumé, le travail du comité a été fait avec sérieux et nul ne peut contester que ses membres ont l’expertise et les connaissances requises pour effectuer ce travail. De plus, la rigueur de l’analyse rend difficile la contestation de la recommandation de ces experts. On ne peut que souhaiter qu’elle soit majoritairement endossée par le conseil municipal même si, pour l’appliquer, 13 élus devront se faire hara-kiri lors des prochaines élections.
Même si le Conseil n’approuvait pas majoritairement les modifications recommandées, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, pourrait difficilement s’y opposer si la population y est favorable. À nous donc de lui faire connaître notre appui si nos élus ne peuvent faire preuve d’objectivité et d’impartialité dans l’analyse de ce dossier.
* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)