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Inconditionnels de Rocky s'abstenir

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 15 mars 2008 à 12:02
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Inconditionnels de Rocky s'abstenir
Mitraillé sur nos écrans à grands coups de battage publicitaire, le film La ligne brisée, mettant en vedette David Boutin et Guillaume Lemay-Thivierge, est à l'instar de son affrontement final : sans knock-out!
Considérée par certains comme le Rocky québécois, elle qui est pourtant à mille lieues des aventures de l'étalon italien, l'œuvre québécoise saute à pieds joints dans un univers encore peu exploité par les créateurs d'ici, celui de la boxe. Une idée à la base originale, d'autant plus que l'intérêt pour ce sport connaît actuellement une ascension fulgurante auprès des amateurs dans la belle province. Mais au terme de plus d'une heure quarante minutes de sueur et de testostérone, force est d'admettre que le résultat final se veut un divertissement honnête. Sans plus.

La principale faiblesse de La ligne brisée se veut son scénario. Celui-ci, qui prend malheureusement les allures d'un boxeur à bout d'âge, a peine à se tenir sur ses deux pieds. Misant sur des «punchs» très prévisibles et sur plusieurs clichés «de gymnase», le récit frappe dans le vide tout en laissant à l'esprit plusieurs impressions de déjà-vu. Au menu : la traditionnelle amitié brisée entre deux copains de longue date qui devront en venir aux coups afin de régler leurs comptes et se débarrasser une fois pour toutes des vieux squelettes qui traînent depuis trop longtemps dans le fond du placard.

Drame à la fois humain et psychologique, c'est justement sur ce dernier point que le long métrage rate complètement la cible. Faute d'on ne sait trop quoi, les personnages auraient eu tout avantage à gagner en complexité. En effleurant à peine d'aspect moral de ces derniers, l'œuvre n'émeut pas.

En ce sens, l'inégalité entre les performances d'acteur est aussi très visible. Rien à redire des deux principaux protagonistes, alors que le duo David Boutin et Guillaume Lemay-Thivierge sauve la mise. Mention plus qu'honorable également à Fanny Malette, qui crève littéralement l'écran. Toutefois, Germain Houde et Jacynthe René, cette dernière particulièrement, n'arrivent pas à porter leur personnage au-delà de l'image.

Parmi les bons coups, notons la très grande qualité des scènes de boxe qui seront appréciées de tous. Grâce à une photographie exceptionnelle, le résultat va au-delà des coups de poings sur la gueule et des visages ensanglantés. Un beau travail de réalisation accompagné d'une trame sonore à couper le souffle qui, au bout du compte, transpire le réalisme.

Sans être à éviter, disons que La ligne brisée plaira à certains, mais décevra ceux et celles qui s'attendent à un grand cru. Dommage, puisque c'était là une des sorties importantes de 2008.

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