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Contre le recrutement bilingue à Québec

Article mis en ligne le 10 mars 2008 à 11:00
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Contre le recrutement bilingue à Québec
Je lisais votre article «Un outil de plus pour le recrutement de la main-d'oeuvre», publié dans le Québec Hebdo du 8 mars à la page 17, et j'étais consterné de voir que la Chambre de commerce de Québec visait à recruter une main-d'oeuvre bilingue et qualifiée dans notre capitale résolument provinciale! J'ose espérer que vous n'êtes pas de ceux qui se prétendent résolument ouvert sur le monde... anglophone, sinon étatsuniens. Je vous rappelle que main-d'oeuvre fait référence à «l'ensemble des salariés, en particulier des ouvriers, d'un établissement, d'une région, d'un pays» selon le Larousse.

Cette mesure de la Chambre de commerce vise donc à bilinguiser des ouvriers immigrants à Québec, alors que le débat fait rage sur la diminution du poids démographique et politique des québécois au sein de la province et de la fédération. Au sein d'une entreprise ou d'un ministère il est fortement souhaitable qu'un contre-maître ou un chef de service soit bilingue, avec prime, pour la bonne marche des choses. De là à ce que tout le personnel soit bilingue et sans prime, il y a une marge que je trouve intolérable et suicidaire collectivement.

Le texte de la chambre de commerce devrait donc se lire comme suit: «l'objectif de ce projet (faciliter l'arrimage entre les immigrants et la recherche d'un emploi) est de recruter du personnel hautement qualifié et idéalement bilingue, rénuméré comme tel, ainsi que de la main-d'oeuvre qualifiée». Quand je dit idéalement bilingue, je précise ici qu'un Marocain, par exemple, a déjà suffisamment de difficulté à postuler un emploi qu'il ne doit pas en plus se farcir l'apprentissage de l'anglais, alors qu'il est issu d'un pays francophone pour travailler dans une capitale, que j'espère, résolument francophone.

Le bilinguisme, dans de tels circonstances, devrait être exigé et payé à certains des diplômés de nos collèges et universités. De toute façon, à ce niveau, il revient à l'entreprise ou au service gouvernemental à donner des occasions rénumérées pour apprendre l'anglais ou une autre langue.
Claude L'Heureux, Québec

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