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La vraie vie

Article mis en ligne le 11 mars 2008 à 10:25
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La vraie vie
«Notre école primaire ne se porte pas bien.(…) Environ 15 % des élèves en sortent avec de grandes difficultés, soit 100 000 enfants par an».
Ce constat, c’est celui fait par Nicolas Sarkozy, président de la France, alors qu’il présentait, à la mi-février, ce qu’il qualifiait «de la plus importante réforme de l’école primaire en France depuis des décennies». Issue de son projet éducatif, cette réforme sera effective à compter du mois de septembre prochain. Constatant que les programmes scolaires sont un sujet de débat politique et non un sujet d’ordre technocratique, il est souhaitable, selon lui, de revenir «à l’essentiel, aux fondamentaux de l’école». Les programmes doivent ne contenir que quelques pages facilement consultables et compréhensibles par les parents.

Sans jargon technique, ces programmes doivent donc être simples et bien définis. Ils seront recentrés sur le français, les mathématiques et des cours de «morale» alors que des disciplines comme l’orthographe et la grammaire seront «remises à l’honneur». On insistera également sur «la mémorisation de compétences et de connaissances clairement identifiées» puisque, dit M. Sarkozy, «la mémoire, ça se travaille, l’effort, ça s’apprend, et la rigueur, ça se développe».

Cette réforme «Sarkosy» comprendra également un système d’évaluation des enseignants et des écoles. Deux évaluations nationales témoins mesureront, chaque année, les acquis des élèves. Les parents recevront non seulement les résultats de leurs enfants, mais aussi, ceux de leur école. Quant à l’évaluation des enseignants, elle se fera aux deux ans. L'attention sera portée sur les progrès des élèves et le choix des méthodes pédagogiques utilisées. Finis donc, les sempiternels débats sur la valeur comparative de différentes méthodes de lecture.

Comme on peut le constater, le diagnostic français sur l’éducation ressemble étrangement au nôtre. Pourtant, la solution française est à des années lumières de la nôtre. Pas de commission d’études, pas de tergiversations, des actions rapides et concrètes, axées sur les résultats. Des actions qui font appel à l’émulation, à la performance, à l’effort, à la rigueur et au travail des élèves et professeurs.

Il est à souhaiter que nos ténors de l’éducation s’inspirent de cette réforme et, pourquoi pas, en importe l’esprit et la lettre dans notre belle province. Peut-être a-t-on trop fait dévier le débat au cours des dernières années. Le nivellement par le bas doit laisser la place à la recherche de l’excellence. La paresse doit faire place à l’effort. Les apprentissages des élèves doivent être concrets, quantifiables et comparables. La performance des enseignants doit être mesurée à l’aune des acquis de leurs étudiants plutôt qu’en fonction de la méthode pédagogique utilisée.

Bref, les débats idéologiques de tout ordre tenus dans les commissions d’études doivent rapidement faire place à la vraie vie parce que nos élèves d’aujourd’hui seront, demain, aux prises avec de vrais problèmes auxquels ils devront trouver de vraies solutions. Comme le disait mon père «dans la vraie vie, il n’y a pas de points d’accorder si la réponse est mauvaise, même si le raisonnement était bon».

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

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