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Agissons dès maintenant pour l’autonomisation économique des femmes

Lettre ouverte pour le 8 mars, Journée internationale de la femme

Article mis en ligne le 8 mars 2008 à 7:00
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Agissons dès maintenant pour l’autonomisation économique des femmes
Lettre ouverte pour le 8 mars, Journée internationale de la femme
Quiconque veut travailler pour l’égalité des sexes doit s’attaquer à deux tâches vitales: éliminer la pauvreté et assurer le développement économique, partout dans le monde. Ayant oeuvré bénévolement à l’étranger pour améliorer la qualité de vie des femmes, je lance un appel à toutes et tous à l’occasion du 8 mars, Journée internationale des femmes: il est important de s’engager à déployer des efforts pour assurer l’autonomisation des femmes, notamment en leur transmettant les compétences et la formation et en leur offrant les occasions dont elles ont besoin pour briser le cercle de la pauvreté.

Malgré une énorme richesse cumulée à l’échelle mondiale, l’écart économique entre les femmes et les hommes ne pourrait être plus grand, surtout dans les pays en développement. Des 1,3 milliard de personnes vivant dans la pauvreté dans le monde, 70 % sont des femmes. Dans certaines régions de l’Afrique orientale, les femmes travaillent jusqu’à 16 heures par jour au foyer et produisent 60 à 80 % de la nourriture que la famille consomme. Bien que les femmes accomplissent les deux tiers du travail dans le monde, elles ne touchent que 10 % des revenus mondiaux.

Dans le cadre de mon travail avec le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et la Fondation Paul Gérin-Lajoie au Sénégal, j’ai vu de près la façon dont l’extrême pauvreté et les mauvais choix des gouvernements privent des milliers d’enfants et de femmes du droit à la dignité humaine, d’une éducation de base ou de soins de santé minimaux. Souvent, parce que la femme est l’unique personne à dispenser des soins primaires au foyer et à cause du poids des traditions, elle ne peut pas quitter la maison et trouver un emploi générateur de revenus pour sa famille et elle.

Toutefois, tout n’est pas noir, puisque de nombreux programmes novateurs soutenus par des volontaires canadiens génèrent des résultats encourageants. Par exemple, les programmes d’alphabétisation pour les Sénégalaises, les Maliennes et les Nigérianes permettent aux femmes de se prendre en main et de se débrouiller seules pour trouver l’information dont elles ont besoin.

Souvent, ce sont ces cours d’alphabétisation qui permettent aux femmes de sortir de chez elles pour une première fois, de rencontrer d’autres femmes qui ont une volonté de s’engager pour se sortir de la misère. En groupe, elles forment par exemple des coopératives d’artisanats. Avec un savoir minimal, elles obtiennent du microcrédit leur permettant d’avoir une plus grande autonomie, mais surtout de gagner en dignité et égalité.

Plusieurs des femmes avec qui j’ai travaillé ont même décidé de s’engager en politique municipale pour devenir conseillères afin de participer activement à prendre de meilleures décisions pour la communauté. Les femmes ont d’autres préoccupations que les hommes du village et doivent influencer les décisions. Par exemple, dans l’adoption des plans de développement locaux, elles sont en mesure d’exprimer des besoins en matière de santé, d’approvisionnement en eau ou d’éducation pour leurs enfants. Les ressources financières des communes étant très minces, elles doivent être allouées pour les besoins les plus urgents. L’apport de ces femmes est tangible ; elles font la différence!

L’éducation pour les femmes leur permet également de participer à des regroupements qui militent en faveur de leur égalité et leur pleine participation à la vie publique. Elles se battent pour une reconnaissance de l’égalité dans le mariage et dans l’héritage familial. C’est en apprenant à lire et à écrire qu’elles prennent conscience que tout n’est pas figé! Elles envisagent la conquête d’une autonomie de décision. Que ce soit pour la maîtrise de leur corps, le choix d’un mari ou la possibilité de divorcer, le droit de dire non est acquis par cette éducation.

Lorsque l’on travaille de près avec les femmes et les filles des pays pauvres, on comprend à quel point avoir des modèles de femmes différents du modèle traditionnel est inspirant. Ces femmes sont des battantes, responsables de la survie de leurs familles depuis un très jeune âge. Travailler auprès d’elles est sans doute une des plus belles expériences qu’il m’a été permis de vivre.

Que ce soit en œuvrant comme volontaire à l’étranger, en travaillant à la défense des droits au sein de la collectivité ou en exhortant le gouvernement à agir, de nombreuses possibilités s’offrent à tous ceux qui veulent créer un monde plus juste et plus équitable pour les femmes. Chaque personne peut faire la différence. Agissons dès maintenant.
Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme

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