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L’histoire et les 400 ans de Québec

Article mis en ligne le 3 mars 2008 à 15:30
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L’histoire et les 400 ans de Québec
La place de l’histoire dans nos vies se résume, pour la majorité d’entre-nous, à une source inépuisable de curiosités et de bizarreries. Quant à nos gouvernements, ils ont la fâcheuse habitude de la travestir - la plupart du temps à des fins politiques et identitaires - et de ne conserver de notre passé que ce qui colle parfaitement à leurs intérêts immédiats.

Dans ce contexte, on est en droit de se demander si le 400e anniversaire de la ville de Québec échappera à cette tendance générale. Chercherons-nous à comprendre qui nous sommes et d’où nous venons? Sans tomber dans les jugements de valeur? Ferons-nous de ce moment privilégié une autre foire commerciale dans laquelle la diffusion des connaissances sera quasi inexistante comme l’ont faits jusqu’ici, par exemple, les organisateurs des Fêtes de la Nouvelle-France?

Entre les spectacles, les rassemblements populaires, les amuseurs de rue, les feux d’artifices et les discours de nos élus, notre histoire sera-t-elle confinée à un rôle d’accessoire que l’on jette après usage, un simple prétexte pour faire parler de nous ou aura-t-elle enfin la place qui lui revient? Après tout, cette fête tire sa raison d’être dans notre passé collectif, il serait injuste de le passer sous silence ou bien de ne pas lui accorder une attention suffisante sous le prétexte fallacieux que ça n’intéresse soi-disant personne. Nous qui nous plaignons que nos jeunes ne connaissent pas leur histoire, ne serais-ce pas le moment d’agir? D’en présenter un pan entier d’une manière vivante?

Surtout, membres du comité organisateur, résistez à l’envie de confier cette tâche importante à des artistes car, ceux-ci, outre leur manque évident de méthodologie et de rigueur dans ce domaine, mettent plutôt l’accent sur le contenant au détriment du contenu. D’ailleurs, pourquoi les historiens sont-ils toujours les derniers consultés lorsqu’il est question d’histoire? Seront-ils à jamais tributaires de leur image de penseurs solitaires, inaccessibles? Je souhaite que non. Ils ont beaucoup à nous apprendre pourvu qu’on leur en laisse la chance.
Serge Genest, animateur, historien et écrivain, Québec

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