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Gilles Parent: un gars de radio profondément enraciné à Québec

Article mis en ligne le 3 mars 2008 à 8:30
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Gilles Parent: un gars de radio profondément enraciné à Québec
Gilles Parent souhaite transmettre sa passion pour la radio.
Gilles Parent: un gars de radio profondément enraciné à Québec
Cette semaine, j’ai rencontré le gars le plus volubile en ville et pour cause, il gagne sa vie à vous parler. Gilles Parent totalise plus de 30 ans de radio, et ce, toujours à Québec. Vous êtes des milliers de personnes à l’écouter quotidiennement. Mais qui est-il?
Québec Hebdo – Comment te définis-tu, quelles sont tes origines?
Gilles Parent - «Je suis un gars de la région de Québec, de Loretteville plus précisément. Je suis le sixième d’une famille de huit enfants. J’ai pratiquement toujours travaillé dans la région de Québec. Le plus loin où je suis allé travailler, c’est à Sainte-Marie de Beauce. J’ai commencé très jeune, 17 ans, J’ai donc 30 ans de métier.»
QH - Tu as donc débuté à la radio alors que tu étais toujours aux études!
GP - «Absolument. En fait, j’avais comme principe de sortir de l’Université avec déjà une expérience professionnelle. Je me suis intéressé au milieu de la radio, alors que j’étais stagiaire non rémunéré à la défunte radio de Lévis CFLS. Je suivais parallèlement un cours au Collège des annonceurs radio télévision de Québec, avec Roger Gagnon. Ma première “job” à la radio fut à CKCV, comme animateur les fins de semaine. J’ai travaillé avec des gars comme Claude Bolduc, Normand Laberge, Christian Lavoie, Richard Thibeault et bien d’autres.»
QH – C'est vers le début des années 1980 que tu quittes pour la Beauce?
GP - «En effet. Là, j’ai fait toutes les “jobs” dans un poste de radio comme CJVL. Animateur, vendeur, directeur commercial, directeur général, etc. Je travaillais avec Mario Paquin. On était vraiment en mode accéléré, quand j’y repense. Je demeurais toujours à L’Ancienne-Lorette. Je me levais à 4 h pour me rendre en Beauce animer l’émission du matin. Comme je portais plusieurs chapeaux, je t’assure que les journées étaient bien remplies. C’est en 1984 que je décide de retourner à CFLS. Un an plus tard, le directeur général du FM93, Claude Thibodeau m’offre la direction des programmes. Offre que je décline devant la situation précaire de la station à cette époque alors que le CRTC songeait à la fermer. On connaît la suite.»
QH - C’est tout de même à cette station que Gilles Parent s’est fait connaître de la population de Québec!
GP - «En fait, j’ai débuté au 93 en septembre 1984. Je travaillais le week-end. Dès le premier BBM, ce fut un succès de cotes d’écoute. On m’a alors proposé d’animer une nouvelle émission du matin pour l’automne. Je n’avais aucune idée de ce que je ferais comme émission. À l’occasion d’un voyage à Toronto, un de mes amis m’a fait écouter à la radio de Buffalo une émission qui s’appelait le “Morning Zoo”. J’ai tout de suite compris que ce genre de formule pouvait réussir à Québec et c’est comme ça qu’est née l’émission matinale “le Zoo”. C’est avec la formidable équipe qui m’entourait qu’on a réussi à battre tous les records de cote d’écoute. L’aventure a duré cinq ans. J’ai ensuite poursuivi mon travail du matin dans une autre station soit CHIK-FM pendant plus d’une décennie.»
QH – Et, 11 ans plus tard, on te retrouve à CHOI-FM!
GP - «En 2001, j’ai pris un temps de repos. J’ai reçu plusieurs offres d’emploi, dont une très sérieuse à Montréal, à CKOI-FM. Mais, je suis un gars de Québec et c’est à Québec que je veux travailler. Je sentais aussi, à cette époque, une certaine lassitude de faire de l’humour. À 42 ans, je désirais animer des émissions d’affaires publiques. Rencontrer des gens, discuter, interviewer, aller au fond des choses. L’opportunité s’est présentée quand Jeff Fillion m’a engagé à CHOI-FM. Nul besoin de te dire que ç'a brassé pendant quelques années. Mais, on a fait des choses extraordinaires. J’ai l’impression d'avoir vieilli de 10 ans pendant ces trois années passées dans cette station. Quand Jeff est parti, je ne me suis vraiment pas entendu avec Patrice Demers, propriétaire de la station. Nous n’étions pas du tout sur la même longueur d'onde. J’ai alors quitté pour un retour au 93.»
QH - Quelle est ton analyse de l'état de la radio à Québec?
GP - «Le fait que les grands communicateurs ne soient plus là change le portrait de la radio à Québec. Pendant près de 25 ans à Québec, tu retrouvais à la radio des gars comme Arthur, Gillet, Fillion et la gang du Zoo. Aujourd’hui, ces gars-là disparus, la radio est beaucoup moins polarisée. C’est aussi une radio beaucoup moins audacieuse. Mais, ce qui est beaucoup plus dramatique, c’est qu’il n’y a plus de relève chez les auditeurs. Les jeunes n’écoutent plus la radio conventionnelle. Ils se font leur propre radio; MP3, iPod, Internet, etc. Je crois que la radio musicale, telle qu’on la connaît, est condamnée à moyen terme. Tous ces nouveaux médias sont une concurrence directe et l’industrie ne semble pas réagir!»
QH – Et, quel est ton avenir personnel?
GP - «J’ai encore un beau défi ici avec Cogeco. Animer le show de l’après-midi, c’est très stimulant et intéressant. Par contre, je fais beaucoup plus attention à ma qualité de vie. Mes vacances sont plus longues et plus fréquentes et je trouve différentes façons de me ressourcer. Dans cinq ans, on verra! En attendant, j’adore jouer au professeur avec les jeunes de mon équipe. J’espère leur communiquer l’amour que j’ai toujours éprouvé à faire ce métier.»
QH - Notre discussion s’est prolongée pendant encore plusieurs minutes et cela mériterait une autre chronique tellement Gilles raconte des choses intéressantes. Quel gars sympathique! Si vous ne faites pas partie des nombreux auditeurs qui écoutent Gilles Parent, je vous conseille de syntoniser son émission de fin d’après-midi au 93. Vous allez découvrir que Gilles et son équipe livrent la marchandise. Bravo!
* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)

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