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À propos de la démocratie scolaire

Article mis en ligne le 28 février 2008 à 11:20
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À propos de la démocratie scolaire
Avec la tenue du Forum sur la démocratie et la gouvernance des commissions scolaires, je m'inquiétais de voir à nouveau un chapelet de bonnes intentions rester sans suites concrètes. J'ai sursauté quand j'ai pris connaissance de la réflexion de Michelle Courchesne, ministre de L'Éducation, concernant l'hypothèse du maintien du suffrage universel pour le système électoral scolaire.

«Il est étonnant qu'on n'ait jamais réagi sur des semblants d'élections scolaires. Aucun moyen pour les candidats, aucun parti politique, aucune publicité, aucun financement. Ça tient du miracle ou de la pensée magique. Ou on prend le taureau par les cornes et on apporte des modifications véritables, ou on étudie en profondeur le modèle de la gouvernance mixte», suggère-t-elle.

La réalité est que la loi actuelle permet aux candidats de se regrouper en équipe, de chercher du financement et de faire de la publicité. Le plafond de dépense du candidat moyen tournait autour de 5 000 $ pour une campagne de 4 semaines au maximum. Il y avait donc des moyens potentiels possibles et utilisables. Cela reste, par contre, des options marginales pour des candidats qui font campagne souvent seuls et avec peu de moyens. Il ne faut pas oublier que l'enjeu personnel pour un candidat est l'élection à un mandat de 4 ans pour une rémunération de base de l'ordre de 5 000 $ à 6 000 $ par année.

J'ai fait la campagne scolaire de l'automne 2007 et j'ai été battu. Je crois au potentiel du suffrage universel à ces élections. C'est le mode de scrutin le mieux à même d'offrir aux contribuables québécois le moyen d'exprimer leurs préoccupations et leurs attentes vis-à-vis du monde scolaire. N'oublions pas que les commissions scolaires répartissent les ressources matérielles, financières et humaines dans nos écoles et que cette répartition peut se moduler ainsi selon les besoins particuliers d'un milieu ou selon les objectifs d'un projet local. Là où j'ai matière à me réjouir, c'est de voir Mme la ministre considérer que la démocratie scolaire actuelle manque cruellement de moyens.

En effet, nous avons un système de démocratie scolaire «cheap», indigne de la mission dévolue aux commissions scolaires et aux établissements d'enseignement. Il faudrait profiter de la subordination du processus d'élection scolaire au Directeur général des Élections du Québec pour consacrer des sommes importantes à la promotion des élections scolaires, ceci à chaque année. Contrairement à ce qui a été martelé dans les médias durant la dernière campagne électorale scolaire, celle-ci ne s'est pas déroulée dans l'indifférence mais surtout dans l'ignorance générale.

J'ai constaté durant mon porte-à-porte que la plupart des électeurs ne savaient pas qu'il y avait élection scolaire et ils n'avaient aucune conscience de leur droit de vote. Pire, malgré le fait que l'exercice de leur devoir d'électeur ne représentait, en milieu urbain, qu'une vingtaine de minutes un seul jour sur les 1461 que représente le délai entre deux élections, beaucoup d'électeurs, et surtout trop de parents, me donnaient cette réponse désinvolte: «si je trouve le temps, j'irai». Cette négligence coupable vis-à-vis du monde scolaire est un mal qu'il faut combattre au même titre que l'analphabétisme ou le décrochage. Pour y arriver, cela prend des moyens et de la volonté.

C'est ainsi, Mme la ministre, que je me réjouis de vous voir si sensible et déterminée à donner à la démocratie scolaire les moyens de ses ambitions. La mise en place de ces moyens exige des sommes importantes et des figures morales fortes pour bousculer l'inertie actuelle de l'électorat. Je souhaite le maintien du suffrage universel car je refuse d'envisager moins pour une mission aussi essentielle à notre société qu'est l'éducation des enfants. À nous de faire prendre conscience aux parents, grands-parents et aux autres citoyens qu'un système d'éducation solide et performant, ça se mérite.
Raymond Côté, Québec

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