Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Concours Classique Golf
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

La valeur de la monnaie aux XVIIe et XVIIIe siècles

Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec

Article mis en ligne le 2 mars 2008 à 16:00
Réagissez à cet article
La valeur de la monnaie aux XVIIe et XVIIIe siècles
Une pièce de monnaie valant 15 sols à l'époque.
La valeur de la monnaie aux XVIIe et XVIIIe siècles
Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec
Il arrive parfois, lors de recherches sur un de nos ancêtres, qu’en feuilletant un livre d'histoire, un vieux manuscrit, que ce soit un contrat notarié, un testament ou un inventaire, on se retrouve devant des sommes d’argent dont on ne connaît pas trop la valeur: livres, écus, sols, etc.
Pour éclaircir un peu ce problème, voici la liste de quelques monnaies populaires à l'époque: le denier; le sous ou sol; la livre ou franc; l'écu, monnaie d'argent; et le louis, monnaie d'or.

L'équivalence de ces pièces entre elles figure ainsi: 12 deniers font 1 sou ou sol; 1 livre (franc) vaut 20 sous (sol); 1 écu vaut 3 livres; 1 louis vaut 20 livres; et 1 pistole vaut 10 livres.

Les premiers colons étant très pauvres, n'avaient apporté avec eux que très peu d'argent, qui fut vite épuisé. En 1663, il n'y avait plus aucune espèce sonnante au pays. Pour compenser à ce manque de monnaie courante, les habitants se mirent à utiliser le castor comme monnaie d'échange. Il se vendait 4 francs la livre, la peau seulement. On pouvait effectuer l'opération à tous les magasins de la Compagnie.

Avec l'arrivée des soldats, en 1665, l'argent se mit de nouveau à sonner. Mais ce n’était pas encore suffisant, car les pièces ne restaient pas en circulation. On continua donc de négocier avec le castor. En 1669, on ajouta le blé, qui valait 4 livres le minot. Puis, en 1674, ce fut au tour de la peau d'orignal, évaluée à 3 livres environ.

En l'année 1685, De Meulles établissait la «monnaie de cartes», dont voici une brève histoire. En 1674, le Roi avait donné l'ordre que tous les comptes, achats et paiements divers, devaient être soldés en argent sonnant. Pour comble, en 1684, il envoie des soldats au pays et ordonne de les faire vivre, mais il avait oublié leur paie!

C’est à ce moment que De Meulles eut l'idée de la monnaie de cartes et qu'il la mit effectivement en circulation. Le système fonctionnait comme suit: on se servait de cartes à jouer ordinaires; chacune d'elle portait le sceau de l'Intendant, sa signature et celle du Trésorier.

La première évaluation était de 4 livres pour une carte entière; une demi-carte valait 2 livres, et le quart de carte, quinze sous. On l'échangeait pour des espèces sonnantes aussitôt qu'on pouvait s'en procurer, puis l'on détruisait la carte ainsi annulée. Cette monnaie fut très populaire au pays jusqu'en 1717.

À l'époque comme de nos jours, chacun avait son gagne-pain et était rémunéré selon sa fonction. Ainsi, en 1653: un chirurgien gagnait annuellement 100 à 150 livres; un menuisier, 100 livres; un charpentier, 75 à 100 livres; un armurier et ouvrier, 100 livres; un armurier et serrurier, 80 livres; un serrurier, 75 livres; un armurier défricheur, 75 livres; un maçon, 80 livres; un cordonnier 60 livres; et un tailleur d'habits, 60 livres.

Que pouvait-on acheter avec ces salaires? En 1709, un cheval se vendait 40 livres et une belle bête, jusqu'à 100 livres. Toujours en 1709, une vache valait 50 livres, un mouton 5 livres, un cochon moyen, 15 livres.

Les peaux et les fourrures étaient un élément vital de subsistance pour les colonisateurs. En 1715, par exemple, la peau crue d'élan valait 10 livres; celle de l'ours, de la loutre et du raton, 5 livres; la peau d'ourson, 2 livres et demi; celle du loup, 2 livres; de la marthe, 45 sols; et du renard, 35 sols.

Au début du XVIIIe siècle, vers 1710, les denrées principales se vendaient à peu près aux prix suivants: le beurre salé, 10 sols; le beurre frais, 15 sols; le melon d'eau, 3 à 6 sols; les gros melons, de 15 à 20 sols; le fromage de l'Île d'Orléans, petit, mince, de forme ronde et de quatre morceaux la livre, 30 sous la douzaine. Et, pour cuire tous ces ingrédients, un poêle coûtait 100 livres.

* (Références: Gérard Filteau, «La naissance d'une nation», éditions de l'Aurore, 1973, Montréal)
Cette chronique est une gracieuseté de la Société historique de Québec. Vous avez apprécié? Pour en savoir plus, visitez le site Internet: www.societehistoriquedequebec.qc.ca.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Andrée Thinel

Commentaire mis en ligne le 27 juillet 2008
Article très instructif. Quelle était la valeur de la piastre, de la demi-piastre et du "chelien" peut-être schilling? Combien y avait-il de sols dans une piastre vers 1810? Des ancêtres Saindon ont contribué à l'achat d'un calice avec ces devises vers 1810. Je vais consulter le livre de Gérard Filteau pour en savoir plus.
Merci pour cet article des plus intéressants.

Chez nos voisins


La question du net

  • À votre avis, la campagne électorale provinciale est-elle trop exclusivement orientée sur l'économie?
  • Oui
  • Non