Le lancement de l'autobiographie d'André Lepage a fait salle comble et les quarante premiers exemplaires se sont envolés très rapidement. Sur la photo, Jeanne et Simone Lacroix, tantes de M. Lepage, Lucie Lacroix, directrice générale, Louise Talbot, directrice de l'hébergement du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Québec-Nord, Berthe Lacroix, tante, et Louise Bergeron, une bénévole et amie de M. Lepage depuis 30 ans, entourent l'auteur.
André Lepage lance son autobiographie
Écrire son autobiographie est à la fois un geste introspectif et un geste d'ouverture. Plus qu'un simple retour sur sa vie, ce travail a permis à André Lepage de tisser de nouveaux liens avec les autres résidents du centre de soins de longue durée de l'Hôpital Chauveau.
André Lepage a été confiné à un fauteuil et une chaise roulante toute sa vie. Jusqu'à l'âge de 47 ans, il a vécu chez ses parents où, sur son lazy boy, il regardait la télévision et écoutait les communications policières sur sa radio à ondes courtes.
«J'écoutais la radio jusqu'à seize heures par jour et je prenais tout en note: l'événement, le numéro de l'auto-patrouille, l'endroit. J'écrivais comme un médecin: mal!», lance-t-il en riant.
Il y a une dizaine d'années, à la suite d'une évaluation médicale, il exprime le souhait de déménager au CHSLD de l'Hôpital Chauveau. «J'ai trouvé le personnel gentil et ça m'a donné le goût de résider ici, raconte M. Lepage. Mes parents vieillissaient et ma condition demande beaucoup de soins. Je crois que c'était un endroit prédestiné pour moi.»
Au CHSLD, M. Lepage se lie d'amitié avec le personnel et participe à la vie communautaire de l'endroit. «Je suis même un peu comme un grand-père. Les gens me font des confidences!»
Comme M. Lepage est l'un des plus jeunes résidents du CHSLD, la direction décide de lui préparer un programme d'accompagnement individualisé et c'est dans ce cadre qu'il décide d'écrire son autobiographie. Avec l'aide d'une équipe de stagiaires et de bénévoles qui récoltent ses souvenirs, l'oeuvre prend forme peu à peu pour finalement être lancée il y a quelques semaines.
«Nous sommes très fiers de notre M. Lepage, affirme Serge Garneau du CHSLD. C'est vraiment allé au-delà des espérances.»
«Moi, je m'en doutais que ça allait marcher», rétorque M. Lepage.
Son travail a d'ailleurs provoqué une certaine effervescence au centre. Les autres bénéficiaires s'y sont intéressés et M. Lepage a tissé de nouvelles amitiés avec ses voisins.
Il faut dire que l'assiduité de M. Lepage aux communications de la police lui donne une bonne réserve d'anecdotes à raconter. «C'est ce qui a occupé mes journées durant quinze ans. J'en ai entendu des vertes pis des pas mûres!»
M. Lepage a d'ailleurs un message à transmettre. «J'encourage vraiment les personnes handicapées qui ont des rêves et des désirs à ne pas avoir peur de les réaliser. C'est ce que j'ai fait.»