Clément Lemieux, directeur général, et Jean Duchênes sont fins prêts à célébrer en grand cet anniversaire. (Photo Karine Bouchard)
Traverser les décennies sans perte de vitesse
Le Patro Roc-Amadour célèbre son 60e anniversaire
Il est de ces établissements assurément incontournables dans certains quartiers. Tel un jeune enfant devenu adolescent, puis un adulte, le Patro Roc-Amadour a laissé sa marque dans l’arrondissement Limoilou. Il célèbre d’ailleurs cette année son 60e anniversaire.
«Le 60e est l’occasion de se souvenir, de prendre une photo d’où on est aujourd’hui. Dès les débuts du patro, le Père Alexandre passait de maison en maison pour amasser les fonds nécessaires pour l’endroit. L’institution est partie d’un don de soi envers la jeunesse», relate le directeur général du Patro Roc-Amadour, Clément Lemieux.
Depuis ses tout débuts, en 1948, le patro et sa direction ont procédé par essais et erreurs. De fil en aiguille, l’institution a acquis une certaine maturité. «Le tout s’est effectué dans une perspective de cheminement. Le Service d’entraide et les maints services se sont développés au fil du temps», d’ajouter M. Lemieux.
Récit d’un patro
Jean Duchênes est l’un des trois doyens de l’endroit. Il s’y rend régulièrement depuis plus de 58 ans. Et il conserve de nombreux souvenirs des trois grandes «ères» de l’institution. Car le patro qu’on connaît aujourd’hui n’a pas toujours fièrement eu pignon sur la 1re Avenue. Il a été succédé par deux édifices, dont le premier, les «Baraques», a marqué la naissance du Patro Roc-Amadour.
Il a été remplacé quelques années plus tard par un bâtiment beaucoup plus moderne. «Le patro se détériorait, l’eau coulait dans le gymnase, raconte M. Duchênes. Le Père Bernier a décidé de construire un nouveau patro en 1963.» Ainsi est né le second édifice, d’une superficie inégalée. Trois gymnases prenaient place à l’intérieur, et le même nombre de patinoires, à l’extérieur. Le rêve dura une quinzaine d’années, jusqu’à ce jour où un terrible incendie rasa l’édifice tant prisé par les résidents. «Nous avons perdu toutes les photos et les souvenirs, se remémore M. Duchênes, membre de l’Association des anciens et anciennes de l’endroit. Les gens alentour en pleuraient… Tout ce qui nous reste, c’est des livres à moitié brûlé.»
Tous se sont relevés avec fierté pour construire le patro qui aujourd’hui fait belle figure dans l’arrondissement. Même si les édifices se sont succédé lors des dernières décennies, l’âme du patro ne s’est jamais éteinte. «Le patro peut te marquer pour la vie… C’est une forme d’héritage qui a été de passage dans la vie de bien des gens», de conclure le directeur général du patro qui accueille plus de 3 000 personnes chaque semaine.