Mon banc de neige est plus gros que le tien !
Sujet de l'heure dans une capitale qu'on a rarement vue aussi blanche, la neige a sans contredit une influence majeure sur l'humeur et le moral des citoyens. Mais l'abondance des gros flocons semble malheureusement aussi avoir atteint le jugement de certains élus dont le comportement a de quoi laisser songeur.
Que le conseiller Alain Loubier vienne demander en plein conseil que les résidents des quartiers centraux ayant payé des permis de déneigement soient remboursés parce que la Ville, dans un souci de sécurité, a décidé de tolérer le dépôt de la neige dans la rue à la grandeur de la ville, frise le ridicule. Bel exemple de solidarité en pleine période de crise dans une ville dont les cicatrices de la fusion ne sont pas encore tout à fait guéries.
M. Loubier a certes le sens de la déclaration et du punch quand vient le temps d'apostropher le maire ou un de ses collègues devant les caméras au conseil municipal. Mais dans ce dernier dossier, ses arguments sont aussi solides que congère qui fond au soleil.
Le débat actuel sur le déneigement et la politique de la Ville en cette matière n'est certainement pas inutile. Les records de précipitations enregistrés cet hiver permettront de mesurer l'efficacité de nos façons de faire et de corriger le tir pour les prochaines années. Du moins, on l'espère !
Semer un climat de division en surveillant constamment son voisin pour être certain qu'il n'en ait pas plus que nous n'a rien de bien constructif. Même si les réalités des arrondissements sont parfois fort différentes, il me semble que la grande Ville de Québec, après plus de six ans d'existence, devrait être au-dessus de ce genre de conflit.
Vrai que des contracteurs qui en ont déjà plein les bras ne seront certainement pas enchantés de devoir ramasser un surplus de neige. Surtout dans un contexte où la capacité d'entreposage à la grandeur de la ville approche le point de saturation.
La situation exceptionnelle vécue cet hiver commande cependant des mesures exceptionnelles et surtout, de la part de tous, une tolérance et une ouverture d'esprit proportionnelle à la hauteur des bancs de neige.
D'un autre côté, que des hurluberlus aient décidé de profiter de cette porte ouverte pour littéralement vider leur terrain sur la voie publique est tout aussi condamnable. Et dans de tel cas, les amendes devraient être exemplaires.
Ce qu'il y a de merveilleux dans toute cette histoire ; c'est que malgré tous les débats et crêpages de chignons auxquels se livrent nos élus, ce beau tapis blanc aura disparu dans quelques semaines à peine. L'éclosion des premières fleurs printanières viendra alors saluer l'arrivée de l'autre sujet de discorde récurrent… la cueillette des vidanges.