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On voudrait l’aider

Article mis en ligne le 26 février 2008 à 6:15
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On voudrait l’aider
«On voudrait quasiment l’aider et l’aimer», a dit mon collègue François Cattapan au terme de l’entrevue éditoriale que nous avons eue avec Stéphane Dion, en début de semaine dernière.
Bouton du 400e au revers de sa veste, on a l’impression qu’il serait plus à l’aise dans une salle de cours. Le ton est calme, mais le débit est un peu saccadé, comme quand on récite la leçon qu’on a apprise mais qu’on ne maîtrise pas encore.

Accompagné de son organisatrice pour le Québec, Céline Hervieux-Payette, il se prête à l’entrevue de bonne grâce. Il n’y a mis aucune condition. À l’aise dans ses lignes «nous voulons un pays plus riche, plus juste et plus vert», il est nettement moins confortable dans les dossiers régionaux. Sa rencontre précédente avec le maire Labeaume et la Chambre de commerce lui est utile, leurs priorités sont devenues les siennes: train rapide, économie du savoir, agrandissement du Musée, théâtre Robert Lepage.

Forcera-t-il le déclenchement d’élections à court terme? «Je n’ai pas dit que je veux aller en élections maintenant. Nous choisirons notre moment, mais je veux que nous soyons prêts à tout moment». Sur sa proposition d’investir l’excédent d’un surplus de 3 G$ dans les infrastructures, il ne voit pas là d’ingérence dans les juridictions provinciales. Pas question toutefois de transférer simplement cet argent aux provinces, «cela se fera en partenariat».

En politique extérieure, il adoptera une attitude plus ferme que M. Harper. «Les Américains sont nos amis, mais ils ne constituent pas un modèle». La Chine et les droits de l’homme: «un rapprochement est nécessaire si on veut pouvoir corriger la situation». En matière de libre-échange, «la levée des barrières tarifaires est une chose, la levée des barrières non tarifaires doit également se faire, sinon nous n’y trouvons pas notre compte.(…) L’entente sur le bois d’œuvre est une erreur, nous aurions dû poursuivre le combat».

En matière d’environnement, «il rêve de passer à l’histoire comme l’artisan de la révolution verte au Canada.» Sur Rabaska, il déplore que ce dossier perdure depuis trois ans, mais prétend ne pas avoir toutes les informations pour se prononcer. Réflexe de politicien ou besoin du professeur d’aller au fond des choses? Sur Shannon, il serait prêt à rouvrir le dossier, malgré l’entente de 19 M$ conclue par le gouvernement pour mettre fin aux poursuites.

Sur son organisation, il s’en remet à Mme Hervieux-Payette. Les Scherrer et Dawson sont toujours là, dit-il, même s’ils appuyaient Michel Ignatieff lors du congrès à la chefferie. Non, Marc-Yvan Côté ne sera pas un de ses organisateurs.

L’intelligence de l’homme est frappante, son manque de charisme aussi. Finalement, François Cattapan a bien raison, on voudrait presque l’aider parce qu’on a l’impression qu’il en a besoin, cet homme en apprentissage de son métier de chef de parti. Mme Hervieux-Payette doit ressentir la même chose puisqu’elle est intervenue à de nombreuses reprises (trop souvent d’ailleurs) pour compléter, préciser ou ajouter au discours de M. Dion. Après l’entrevue, compte tenu de la place qu’elle avait prise, on se demandait même si c’était elle ou lui le chef!

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

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