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Le Québec à la croisée des chemins

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Article mis en ligne le 22 février 2008 à 10:30
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Le Québec à la croisée des chemins
On le sait, le Québec n’a plus les moyens de ses ambitions. Avec un budget qui dépasse les 61 G$, les postes prioritaires que sont l’éducation et la santé accaparent à eux seuls plus de 60 % du budget provincial de dépenses. Or, c’est bien connu, les citoyens du Québec sont les plus taxés en Amérique du Nord, taxes et impôts confondus.

Les récents débats entourant la situation précaire du système de santé et le maintien des commissions scolaires ravivent les plaies et illustrent l’incapacité chronique des administrateurs publics à gérer «en bon père de famille» le pécule gouvernemental. N’en déplaise aux ministres, aux parlementaires, aux syndicats et à tous ceux qui trempent dans cette mer de confusions, le débat sur la refonte de nos modes de gestion doit se faire et pas seulement en refilant la facture aux contribuables.

En santé, par exemple, le ministre Philippe Couillard a presque rejeté du revers de la main les conclusions du groupe d’étude présidé par celui-là même qui a instauré la médecine d’État au Québec au tournant des années 1970, Claude Castonguay. C’est aller un peu vite en affaires. Le rapport Castonguay propose une remise en question intéressante des dépenses encourues dans notre système, dont, par exemple, cette tradition de nourrir les patients dans les hôpitaux au coût de 250 M$ par année. D’autres postes budgétaires doivent aussi faire l’objet d’une purge radicale. Le groupe ouvre enfin la porte à la médecine privée, pour autant que l’accessibilité aux services de santé soit préalablement assurée à l’ensemble de la population. En plus de désengorger le système, cette mesure permettrait à l’État de réaliser des économies substantielles.

Là où les propositions choquent, c’est lorsque les Castonguay, Marcotte et Venne suggèrent de fouiller encore une fois dans les poches des contribuables. L’imposition d’une franchise annuelle ne dépassant pas 1 % du revenu imposable des particuliers ajouté à une hausse de 1 % de la TVQ est inacceptable. Que ceux qui désirent se tourner vers le privé paient en conséquence, soit. Mais que l’on fouille encore davantage dans les poches des payeurs de taxes, c’est autre chose. Baptiste n’en peut plus de payer.

Le rapport suggère avec beaucoup d’à-propos la révision du «panier de services». Il aurait pu se tourner davantage vers la gouvernance du système et le «red tape» qui le paralysent. Naturellement, lorsqu’on s’attaque à ce volet, on trouve rapidement les ténors syndicaux sur son chemin. Pourtant, les notions de sécurité d’emploi, de définition de tâches ultracloisonnées et les sacro-saints acquis doivent être assouplis pour permettre une plus grande productivité. Un des objectifs que retient le ministre Couillard.

Le rapport Castonguay a lancé le pavé dans la marre. Ce n’est pas en l’ignorant ou en le tablettant dès sa publication que la société y gagnera. Le débat doit se faire maintenant, comme dans le secteur de l’éducation, où le Québec doit s’attarder à la remise en question de l’existence même des commissions scolaires.

Menacées par l’ADQ de Mario Dumont, les commissions scolaires sont montées aux barricades pour défendre leurs fiefs en fin de semaine dernière. On a même fait appel au père du ministère de l’Éducation et bâtisseur du réseau scolaire que l’on connaît, Paul Gérin-Lajoie, pour défendre ces nobles institutions. Des questions doivent se poser. Les commissions scolaires coûtent cher au gouvernement et le recours à la démocratie dans leur mode de fonctionnement entraîne des coûts faramineux, alors qu’à peine 8 % des électeurs se déplacent pour élire les commissaires. Il faut aussi se demander si le nombre d’élus n’est pas trop élevé. En somme, voilà un autre débat qui mérite d’être mené publiquement dans un pragmatisme social, qui cherchera à améliorer le système tout en réalisant des économies importantes.

Si la santé et l’éducation sont les priorités de l’État, celui-ci ne peut se cacher la triste réalité. Il faut faire fi des paradigmes et des pseudo acquis. Le citoyen ne peut payer davantage, alors que les besoins se font de plus en plus nombreux. L’heure est à faire des choix et à l’innovation. Voilà le vrai défi qui confronte nos gouvernements. Faire différemment et à moindre coût.

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