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Dossier suicide

Armée de sentinelles en croisade contre le suicide

Karine Bouchard par Karine Bouchard
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Article mis en ligne le 18 février 2008 à 18:04
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Dossier suicide
Armée de sentinelles en croisade contre le suicide
Le programme Sentinelles fait peu à peu des petits. Implanté depuis un certain temps au Centre hospitalier Robert-Giffard, à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) et dans une multitude d’organismes communautaires, il vient de voir le jour sur le campus de l’Université Laval. Regard sur une armée de volontaires peu ordinaire.
Le programme Sentinelle, c’est un regroupement de citoyens outillés afin de dépister, guider et orienter la personne suicidaire. «Les gens qui se portent volontaires reçoivent une formation d’une journée complète», assure la directrice générale du Centre de prévention du suicide de Québec, Sylvie Nadeau.

Détecter les signes précurseurs d’un suicide, soutenir et référer les personnes à risque font partie du mandat des sentinelles. Un mandat qui semble, jusqu’à présent, très bien rempli. «Des résultats concrets ont été observés à divers endroits, dont au Centre hospitalier Robert-Giffard, souligne Mme Nadeau. Le programme y est implanté depuis trois ans et le nombre de suicides parmi les employés est passé de huit à zéro.» Autre résultat éloquent : le nombre de suicide au Bas-Saint-Laurent a chuté dramatiquement depuis l’implantation du programme, passant de 62 à 35.

Dans les divers milieux scolaires cependant, les sentinelles jeunesse se font plutôt rarissimes. Et le Centre de prévention du suicide de Québec souhaite ardemment renverser la vapeur. «Les sentinelles sont vraiment essentielles dans ces divers milieux, insiste la directrice générale. La problématique chez les jeunes et les adultes est sensiblement la même : ils ressentent tous la même souffrance. Les signes précurseurs ne sont cependant pas toujours les mêmes, en fonction de la personne. Un individu pourra être plus déprimé, souhaiter s’isoler et ne plus aller manger avec ses amis. Un autre pourra être au contraire plus joyeux qu’à l’habitude. Il y a des questions précises à poser pour dépister les personnes suicidaires. D’où l’importance de créer des sentinelles.»
Des sentinelles sur les bancs de l’université
À l’Université Laval, le lancement du programme s’est effectué en plein cœur de la Semaine de prévention du suicide, le 4 février dernier. Pour l’instant, le Comité de prévention du suicide de l’endroit souhaite miser sur la formation de sentinelles dans la seule Faculté des sciences et de génie.
«Le projet pilote y sera entamé, de spécifier Véronique Mimeault, coordonnatrice du Comité de prévention du suicide à l’Université Laval. Le programme sera par la suite implanté dans les diverses facultés de l’Université au cours des quatre prochaines années.» La coordonnatrice estime qu’une soixantaine de sentinelles seront formées chaque année, pour un total de 300 personnes à l’échéance du projet. Ces dernières seront des membres du personnel. La possibilité d’offrir la formation à des étudiants a été étudiée, mais reléguée sur les tablettes, ceux-ci étant constamment en mouvance.

Seuls deux suicides ont été dénombrés sur le campus, un en 2004, et un autre, en 2005. Ce chiffre ne tient cependant pas compte des gestes posés à l’extérieur du campus.

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