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Morts évitables sur nos routes

Article mis en ligne le 17 février 2008 à 16:35
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Morts évitables sur nos routes
Pitié pour les 300 morts évitables chaque année sur nos routes, à cause de notre criminelle incurie! Un viaduc s’effondre. Un seul peut-être en trente ans. Quelques victimes. On institue une commission d’enquête. Suivent ses recommandations. Sans hésiter on engage des milliards de dollars pour scruter et corriger toutes les infrastructures routières de la province.

Nos routes tuent de 700 à 800 personnes par année. On s’en alarme. On crée une sympathique table de la sécurité routière dont le timide objectif est de «faire le consensus»… Conclusion: les lobbies et les groupes d’intérêts (en particulier la police et le camionnage) s’opposent à tout ce qui les dérangerait. Et ils gagnent! On finit par leur arracher puis à faire accepter par le ministère une ridicule dizaine de radars, quelques actions peu contraignantes, des invitations à la … prudence et autres verbiages.

Sait-on quelque part:

- que la Grande Bretagne en très peu d’années, grâce surtout à 7 000 radars, a réduit de 8 000 à moins de 4 000 annuellement le nombre de tués sur ses routes;

- qu’ensuite la France, avec détermination et malgré de fortes résistances initiales, vient de faire passer en seulement deux ou trois ans, grâce surtout à l’installation de 2 000 radars, le nombre de tués de 8 000 à nettement moins de 5 000;

- que cette même France est tellement satisfaite de ces premiers résultats que le Premier Ministre Fillon (Le Monde des 13 et 14 février) annonce ces jours-ci des mesures encore plus sévères pour passer sous la barre des 3 000 morts: d’abord par l’ajout de 2 500 radars puis, quel courage politique, la confiscation du véhicule pour conduite sans permis ou pour récidive d’excès de vitesse ou de taux d’alcool.

Plus exigeant encore, pourrait-t-on rêver, comme l’a fait la Suède, à une loi (avec imputabilité de tous, individus, entreprises, gouvernements) qui fixerait l’objectif à «aucune mortalité routière qu’on aurait pu éviter»? On en est bien sûr à des années-lumière.

Quand nous attaquerons-nous vraiment à l’hécatombe routière? Des moyens simples sont disponibles, peu coûteux, d’efficacité vérifiée. Enlevons nos œillères. Regardons ce qui se fait ailleurs. Ne nous laissons pas régir par les groupes d’intérêts. Pitié pour nos 300 morts évitables chaque année.
Hubert Laforge, Ph.D. Québec

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