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Lettre ouverte de Stéphane Dion, chef de l’opposition officielle, au premier ministre Harper

Article mis en ligne le 15 février 2008 à 9:33
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Lettre ouverte de Stéphane Dion, chef de l’opposition officielle, au premier ministre Harper
(Monsieur le Premier ministre). Aujourd’hui, le Canada porte une lourde charge en Afghanistan. Chaque jour, nos militaires et nos travailleurs civils, hommes et femmes, risquent courageusement leur vie pour servir notre pays et le peuple afghan, et pour tenter d’apporter espoir et stabilité à cette région troublée.

Il ya un point sur lequel nous nous entendons tous deux : nous ne devons pas, nous ne pouvons pas abandonner les Afghans à leur sort, parce qu’il reste beaucoup à faire pour stabiliser le pays et mettre en place les institutions qui leur permettront de résoudre eux-mêmes leurs différends. Mais les libéraux constatent que la nature de la mission canadienne doit changer. Nous ne pouvons pas nous contenter de la prolonger indéfiniment. C’est pourquoi nous avons présenté au gouvernement un nouveau plan pour l’avenir de la présence canadienne en Afghanistan.

Le plan libéral reflète parfaitement la position que nous avons adoptée depuis longtemps : la mission de combat canadienne à Kandahar doit changer après février 2009. Ce plan précise ce que doivent être nos objectifs en Afghanistan; il préconise de mettre l’accent sur des efforts diplomatiques plus vigoureux et plus disciplinés et d’établir un meilleur équilibre en ce qui concerne les efforts de reconstruction et de développement, éléments essentiels du retour de la stabilité dans ce pays.

Trois principes fondamentaux ont guidé la nouvelle formulation proposée par le Parti libéral, trois principes dont nous constatons l’absence dans la motion de votre gouvernement:

• La mission doit changer. L’OTAN doit assurer la relève des troupes dans la province de Kandahar pour que nos troupes puissent passer, en février 2009, à une mission de formation de l’armée et de la police afghanes et de sécurisation des projets de reconstruction.

• La mission doit avoir une fin. Il nous faut une date de fin de mission claire et précise, février 2011 ; il est hors de question que cette date ne soit que l’occasion d’une réévaluation de la mission, ce qui nous enliserait dans une mission sans fin.

• La mission ne doit pas se limiter au volet militaire. Aucune solution exclusivement militaire ne pourra mettre fin au conflit afghan. Nous devons équilibrer nos efforts entre défense, diplomatie et développement.

Les libéraux pensent aussi que notre mission ne pourra réussir que si elle se déroule sous le seing de la clarté, de l’honnêteté et de la transparence. C’est pourquoi nous croyons fermement, comme le stipulent nos amendements, que le gouvernement devra renseigner le public sur la situation sur le terrain avec beaucoup plus de franchise et beaucoup plus fréquemment.

C’est par exemple à cause des troublantes allégations de sévices dans les centres de détention afghans, et à cause du secret dont votre gouvernement a entouré ces affaires, que les Canadiens ont perdu foi en la mission canadienne en Afghanistan. Les Canadiens doivent avoir la certitude que leurs valeurs les plus fondamentales, notamment le respect des droits humains et de la dignité des personnes, sont au cœur de cette mission.

Au cours de prochaines semaines, nous allons poursuivre notre dialogue national sur l’Afghanistan. Je persiste à croire que l’avenir de la mission canadienne en Afghanistan doit être débattu ouvertement au Parlement, devant tous les Canadiens.

Mardi dernier, nous avons énoncé une position claire et détaillée qui représente, à notre avis, un compromis fidèle aux valeurs de la grande majorité des Canadiens. Immédiatement, le gouvernement s’est dit ouvert à nos propositions.

J’espère que vous accepterez les conditions de la motion libérale car celle-ci a pour objet de définir, pour la mission, des principes et des objectifs dans lesquels tous les Canadiens pourront se reconnaître, plutôt que de chercher à marquer des points sur l’échiquier politique.

* (Source: Cabinet du chef de l’opposition à Ottawa)

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