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Vaste impact sur les proches

Éric Boucher par Éric Boucher
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Article mis en ligne le 16 février 2008 à 8:01
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Vaste impact sur les proches
De l'extérieur, on éprouve surtout de l'empathie pour l'impact à court terme d'un suicide sur les proches.On imagine la nouvelle, la crise, les funérailles, la colère, la peine. On croit souvent qu'une fois ces quelques semaines de souffrance passées, la vie reprend son cours.
Pourtant, rares sont les personnes, même après des années, qui sont prêtes à témoigner de ce qu'elles et leurs familles ont vécu à la suite de la perte d'un proche. Les dommages collatéraux sont plus vastes qu'il n'y paraît et peuvent s'étirer sur toute une vie. Le mari de Mme L. s'est enlevé la vie, il y a un an. "Un climat de travail difficile l'a conduit à une dépression profonde, raconte-t-elle. Ce qui a envenimé ses rapports aussi avec ses proches, au cours des derniers moments de sa vie." Un de leurs fils de 17 ans a même songé à quitter la maison durant cette période. Mme L. explique que son fils a vécu beaucoup de colère et d'agressivité après l'évènement. Une situation pas toujours facile à gérer. Il a dû consulter et les choses se résorbent tranquillement.

"Il y a également beaucoup de culpabilité, exprime-t-elle. On sent que la personne ne va pas bien. On s'éloigne d'elle pour se protéger et lorsque la personne passe aux actes, on se sent coupable." Un deuxième suicide dans une même famille est une chose qui arrive plus souvent qu'on le croit. Un ado, par exemple, qui suit l'exemple de son père, comme solution ultime à ses problèmes, quelques années plus tard. Seulement dans l'entourage de Mme L. deux cas de ce type se sont produits. C'est une autre inquiétude qui s'est ajoutée à sa souffrance.

Une année s'est écoulée et le deuil n'est pas encore complet. Elle confie qu'encore la semaine dernière, elle ressentait un grand vide, un abandon. "On se ramasse seul pour toutes les choses de la vie, toutes les activités, toutes les responsabilités. La solitude est difficile." Ses sentiments ont évolué au cours de l'année: tristesse, colère, culpabilité. Aujourd'hui, Mme L. affirme surtout éprouver de l'abandon. Elle évalue toutefois que cet évènement lui a permis de se recentrer sur l'essentiel. Elle s'attarde moins aux futilités et attache plus d'importance aux relations avec les autres.

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