Lors d’évènements au Centre des congrès, Kevin McMahon, de l’entreprise Takt-etik, peut fournir aux organisateurs le nombre de grammes de déchet ultime per capita. Les entreprises ont la possibilité de constater concrètement les résultats de leurs efforts. (Photo Eric Boucher)
Takt-etik attise la conscience environnementale du 400e
Dossier spécial: Initiatives écologiques de l'heure
Vous avez peut-être remarqué les bacs bleus près des poubelles, si vous étiez présents lors du Coup d’envoi du 400e ou du parcours 400 ans chrono. C’est la jeune équipe de l’entreprise Takt-etik qui s’occupait de la récupération des matières recyclables sur les sites pour ces évènements. Mais Takt-etik, c’est beaucoup plus que de la récupération, c’est du développement durable.
«Nous sommes d’une génération qui désire s’impliquer dans la société et qui interroge l’ordre établi sans le rejeter. Conscients de la réalité du marché, nous sommes convaincus que de nombreuses organisations doivent recadrer leurs valeurs d'entreprise… Notre volonté est d’innover et de rendre accessibles des solutions adaptées à leur contexte.» La couleur de l’entreprise est annoncée sur son site Internet.
Kevin McMahon, fondateur de Takt-etik, accompagne les Fêtes du 400e et, plus spécifiquement, Espace 400e, depuis septembre 2006. Il croit dur comme fer que pour faire du vrai développement durable, il faut travailler en amont des projets. «Par exemple, lors d’un évènement au Centre des congrès – un autre client de Takt-etik – 80 % des déchets compostables sont produits lors de la préparation alimentaire et non lors de la consommation des repas eux-mêmes. C’est pourquoi, il faut agir d’un bout à l’autre de la chaîne», illustre-t-il.
«Par définition, l’évènementiel comme les Fêtes du 400e s'avère éphémère, ce qui cause beaucoup de gaspillage. Nous travaillons à réduire ce gaspillage», ajoute-t-il.
C’est M. McMahon, par exemple, qui a suggéré de négocier avec Unibroue, un des partenaires de l’évènement, l’utilisation de verres en plastic no 5 plus facile à recycler. Puis, de rediriger vers le Jardin des Métis, plutôt qu’à un site d’enfouissement, les matériaux utilisés pour la réalisation des jardins éphémères. Ou encore, que les appels d’offre pour une restauration sur les sites exigent des produits sans friture.
Sans friture? Quel est le lien avec l’environnement? «Aucun ou très peu. Mais, justifie-t-il, le développement durable ne s’occupe pas seulement d’environnement. Il s’intéresse aussi à l’économie et au social.» Selon les théoriciens du développement durable, ces trois sphères sont intrinsèquement liées. M. McMahon, comme la majorité des six employés de Takt-etik, agit comme écoconseiller. Il détient un diplôme en écoconseil de l’Université de Chicoutimi, obtenu sous l’égide d’un des gourous du développement durable au Québec: Claude Villeneuve.
Vent dans les voiles
Takt-etik a le vent dans les voiles et les contrats s’accumulent. Des clients prestigieux tels le Centre des congrès, Rona, la Fédération québécoise des municipalités du Québec font appel à cette équipe à l’attitude frondeuse de la jeunesse pour les aider à rendre leurs organisations plus vertes.
Les gestionnaires de ces organisations s’attendent à des échanges sur la consommation d’eau et d’énergie, la gestion des matières résiduelles, la réduction des gaz à effet de serre. Ils sont parfois surpris de se faire parler de développement personnel et professionnel, d’intégration intergénérationnelle, de diversité culturelle ou de conciliation travail/famille. Quelque 40 enjeux sont analysés par Takt-etik, un diagnostic est prononcé et des mesures sont proposées. Et, sur certains enjeux, il y a parfois moins d’ouverture que pour d’autres. «Disons que oui, il y a de vieux réflexes très solidement ancrés, évalue M. McMahon. Le volet social est souvent le parent pauvre du triangle.»