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Réformer la réforme?

Article mis en ligne le 12 février 2008 à 6:20
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Réformer la réforme?
Pauline Marois, cheffe du Parti québécois et ex-ministre de l’Éducation, s’offusquait cette semaine que de nombreux membres se prononcent sur la place publique plutôt que d’amener les discussions au sein des instances du parti.
Cette attaque visait, entres autres, Bernard Landry et Joseph Facal, qui ont signé une pétition demandant un moratoire sur l’implantation de la réforme scolaire, qui fut implantée par le PQ alors que Mme Marois était ministre de l’Éducation. Cette sortie a fait dévier le débat sur le grenouillage au sein du PQ, plutôt que son véritable objet, soit la pertinence de poursuivre ou non la réforme scolaire. MM. Landry et Facal n’étaient que deux signataires de cette pétition qui en compte plus de 25 000 dont des politiciens, des syndicalistes, des pédagogues et, surtout, des parents inquiets de la faiblesse de l’apprentissage de leurs enfants.

Il ne faut pas que deux arbres cachent la forêt. Il est pertinent de remettre en question la réforme de l’enseignement, quand on constate la baisse importante du taux de réussite scolaire. Cette remise en question n’est d’ailleurs pas nouvelle. Déjà en 2005, le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec, par la voix de sa présidente, Claire Bélanger, lançait un cri d’alarme: «Ouvrez-vous les yeux, nous sommes en train de perdre une génération complète.» Que cela déplaise ou non à Mme Marois, une constatation s’impose: l’éducation, au Québec, vit un profond malaise. Même chez les diplômés, les connaissances sont souvent déficientes. Parlez-en à de nombreux employeurs qui cherchent quelqu’un ayant un bon français ou sachant compter sans calculatrice.

Les fonctionnaires du ministère de l’Éducation se refusent évidemment à admettre leur erreur et leurs solutions se limitent à faire de nouveaux programmes et à abaisser les critères de promotion. Pourtant, la dégradation des acquis devrait inciter à des solutions autres. Au primaire, on pourrait se limiter à enseigner à lire et à écrire correctement. Les enfants devraient aussi apprendre à compter sans avoir à assimiler des notions d’algèbre et de géométrie. On continuerait évidemment à enseigner l’anglais à compter de la première année. Au secondaire, on apprendrait la littérature française, québécoise et anglaise, l’algèbre, la géométrie, la physique, la chimie, l’histoire et la géographie.

Par ailleurs, la qualité de l’enseignement serait sûrement meilleure, si on limitait le nombre d’élèves à une quinzaine par classe. Les coûts seraient importants, mais le budget annuel de l’éducation (plus de 13 G$) pourrait être ventilé différemment, en utilisant l’argent consacré aux réformateurs professionnels pour l’investir là où ça compte, à savoir dans les classes. Si, au-delà des mots, l’éducation est véritablement une priorité, on trouvera bien le reste en pensant à l’avenir de nos enfants.

Peu de parents comprennent les évaluations de «compétence transversale», mais nombreux sont ceux qui constatent les lacunes d’apprentissage de leurs enfants. Après tant d’échecs, tous les politiciens, quel que soit leur parti, devraient les écouter, revenir au gros bon sens et réformer la réforme une fois pour toutes.

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

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