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Les restes d'un plat pour emporter

Les contenants biodégradables font leurs premiers pas dans la restauration

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Article mis en ligne le 6 février 2008 à 7:00
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Les restes d'un plat pour emporter
Dès l'ouverture de son restaurant, Stéphanie Gingras a décidé de miser sur des contenants biodégradables (plus chers) que des contenants de plastique ou de styromousse, afin de préserver l'environnement et inciter les autres restaurateurs à emboîter le pas. (Photo: Véronique Demers)
Les restes d'un plat pour emporter
Les contenants biodégradables font leurs premiers pas dans la restauration
Les démarches pour se doter de contenants biodégradables pour les plats à emporter sont encore timides. Mais un nouveau restaurant vient de briser la glace dans la Vieille Capitale.
Ouvert depuis la fin novembre, Bol et Gobelet distribue les commandes pour emporter dans des contenants biodégradables, que ce soit le bol, le verre (fécule de maïs) ou même la cuillère (fabriquée à partir de pelures de pommes de terre).

D'après le fournisseur de ces contenants, Nova Envirocom, il s'agit d'une première pour un restaurant à Québec à s'être doté de la sorte, sans compter les sacs biodégradables.

D'autres commerces ont intégré les contenants écolos. «Il y a l'épicerie Le Crac, sur la rue Saint-Jean. Nous faisons aussi affaire avec un traiteur lorsqu'on en sollicite un au Centre des congrès de Québec», fait savoir le président de l'entreprise, Pierre Morency.

La propriétaire des lieux, Stéphanie Gingras, n'a pas douté une seule seconde sur la pertinence de mettre en place, dès le départ, une alternative écologique visant à remplacer les traditionnels contenants de styromousse et ustensiles en plastique.

«Ma belle-sœur est biologiste de formation et sensibilisée à l'environnement. Les gens de mon entourage et ma famille m'ont mise au défi de trouver une alternative.»

Selon Annie Pelletier, conseillère au service à la clientèle chez Nova Envirocom, dans des conditions idéales, un contenant prendra de deux à huit semaines pour se biodégrader.
Le coût de l'environnement
Il y a toutefois un prix à payer pour ces contenants biodégradables. Étant donné que la demande est moindre que celle pour les contenants standards en plastique, le coût est parfois de deux à trois fois plus cher.
«C'est un choix personnel, ce n'est pas un choix budgétaire, avoue la propriétaire de Bol et Gobelet. Beaucoup de petits restaurateurs ont pu reculer à cause du prix. Dans mon étude de marché, près de 45% des commandes sont pour emporter, ce qui est considérable! J'ai voulu ajouter un plus au restaurant et faire ma part pour l'environnement», justifie Mme Gingras.

«Les gens ne veulent pas investir de 10% à 15% de plus si ça ne donne pas de résultats écologiques au bout du compte», précise M. Morency.
Croissance fulgurante
L'entreprise Nova Envirocom est pionnière en matière de produits compostables, notamment avec les sacs. «Il y a cinq ans, on a introduit nos premiers sacs compostables, pour lesquels on a reçu une certification. On a convaincu Recyc-Québec pour qu'il y ait une première norme québécoise. Cette norme sera utilisée à l'ensemble du Canada», lance fièrement M. Morency.
Le président de Nova Envirocom (qui a passé sa jeunesse dans le quartier Saint-Roch), prévoit encore, cette année, une croissance considérable de son entreprise. «Si je me fis aux quatre dernières années, où on a connu 560% de croissance, on devrait être beaucoup sollicité cette année», analyse-t-il.

Nova Envirocom est d'ailleurs en nomination dans la catégorie Petite entreprise de services (en compétition avec Dunin Technologie et la Coopérative funéraire de l'Estrie) au Gala reconnaissance Estrie 2008, qui aura lieu le 15 février prochain.
Les grandes chaînes
La propriétaire de Bol et Gobelet souhaite montrer l'exemple auprès des grandes chaînes. «Comment je peux aller voir McDo et leur dire de changer leurs pailles en plastique si je ne le fais pas moi-même?», lance-t-elle.
Quant au président de Nova Envirocom, il confie avoir été contacté par des grandes chaînes qui voulaient obtenir de l'information. «On en est à ce stade à ce moment, mais il n'y a encore rien de signé», a-t-il mentionné.
«Comment je peux aller voir McDo et leur dire de changer leurs pailles en plastique si je ne le fais pas moi-même?»
- Stéphanie Gingras
Concepts-clés liés aux sacs
- Dégradable: plastique qui va subir des modifications importantes dans sa structure chimique, après avoir été soumis à diverses conditions spécifiques du milieu. Cette catégorie comprend les plastiques oxo-biodégradables, biodégradables et compostables

- Oxo-biodégradable: plastique auquel on a ajouté un additif. Il y aura une dégradation causée par les rayons UV du soleil, la chaleur et/ou un stress mécanique. Les résidus sont biodégradables.

- Biodégradable: plastique dégradable qui se dégrade par les microorganismes présents dans le milieu.

- Compostable: plastique qui subit une dégradation par un processus biologique pendant le compostage, produisant du CO2, de l'eau, des composés inorganiques et de la biomasse à un rythme comparable à celui d'autres matières compostables connues. Il ne produit aucun résidu toxique.

(Source: Recyc-Québec)



(Photo: Véronique Demers)

(Photo: courtoisie)

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