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Deux pour un?

Article mis en ligne le 5 février 2008 à 7:00
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Deux pour un?
Le mercredi 23 janvier, le maire Labeaume et les ministres Verner et Couillard annonçaient que le stade couvert de soccer du parc Chauveau serait finalement construit au coût de 19 M$, facture partagée conjointement par les 3 paliers de gouvernements.
Quelques jours plus tard, le maire Labeaume et Guy Chevrette, représentant de l’industrie forestière du Québec, s’affrontaient sur la pertinence d’utiliser du bois du Québec ou de la Colombie-Britannique. Ce combat de coqs s’est terminé par cette phrase lapidaire de notre maire: «à partir du moment où j’ai décidé de construire en bois, ce n’est pas l’industrie forestière qui va me dire comment gérer la Ville».

Cet affrontement faisait toutefois perdre de vue la réalité, à savoir le coût astronomique de ce stade et le fait que les appels d’offres pour sa construction avaient été faits en novembre dernier, soit bien avant l’annonce du projet et l’élection du maire Labeaume. Lundi, durant l’émission Pouliot et Compagnie sur les ondes du 93,3, François Picard, vice-président du comité exécutif de la ville de Québec, se refusait à prendre quelques semaines de recul pour réanalyser ce dossier et voir si, pour le même prix, on ne pourrait pas construire deux stades de soccer.

À Lévis, on a construit, en partenariat public/privé, un stade dont les spécifications de jeu (un terrain à 11 joueurs ou trois terrains à sept joueurs, aires de restaurations, vestiaires, douches, etc.) se comparent à celui que la ville de Québec construira au parc Chauveau. Or, l’écart de coûts entre les deux stades atteint 12 M$ (7 M$ pour le stade de Lévis comparativement à 19 M$ pour le projet de stade de Québec). Se réfugiant derrière l’urgence de construire enfin ce stade tant attendu ainsi que sur des données de qualité de construction, de beauté architecturale, d’économies futures de coûts d’entretien et de prétendus coûts cachés à Lévis, M. Picard s’est refusé à revoir le dossier.

Le maire Labeaume a déjà fait part d’un projet de stade à Beauport, évoquant même la possibilité d’un partenariat public/privé. En s’inspirant de Lévis, la somme de 19 M$ pourrait donc théoriquement servir à remplir cette promesse et construire ce deuxième stade en plus de celui de Chauveau, et ce, sans coûts additionnels pour les citoyens. Il est donc très surprenant que, pour quelques semaines de délai, on ne prenne pas le temps d’approfondir une telle possibilité. Grâce aux contacts qu’il a établis avec les ministres Verner et Couillard, l’intervention de M. Labeaume pourrait sûrement garantir le même niveau de subventions pour deux stades plutôt qu’à un seul.

Une telle façon de faire serait beaucoup plus compatible avec l’approche «business» dont se réclame le maire et le souci qu’il prétend avoir pour les dollars des contribuables. C’est d’ailleurs ce pragmatisme qui lui permet d’obtenir un appui de 86 % de la population dont faisait état un sondage du Journal de Québec publié cette semaine. Cet appui pourrait toutefois baisser rapidement si le politique prend le pas comme ce semble être le cas dans ce dossier. Pour rester crédible, il faut que les bottines suivent les babines.

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbée)

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