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Chapeau, M. le boxeur

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 2 février 2008 à 13:29
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Chapeau, M. le boxeur
Je me suis fait passer le K.O. Tout comme ceux et celles qui étaient à mes côtés à la première de la pièce Le boxeur : la fin d'un gros câlisse. Un spectacle présenté jusqu'au 9 février prochain à Premier Acte, duquel je suis sorti abasourdi, mais conquis.
La salle est plongée dans la pénombre. Soudain retentissent les «ding! ding! ding!», résultat du marteau sur la cloche, indiquant par le fait même le début du combat. Un affrontement prévu en dix rounds.

Avis aux cœurs sensibles, ce récit interprété et signé par Patric Saucier n'a rien d'une pièce à l'eau de rose. Le boxeur, la fin d'un gros câlisse, c'est plutôt un monologue portant sur la différence, aux allures d'autopsie d'une saute d'humeur annoncée menant à un éclatement de violence que même le personnage principal n'aurait osé imaginer. Celle d'un homme au gabarit plus imposant que la moyenne, qui se sert de la scène comme d'un exutoire en combinant les jabs poétiques et les uppercuts empreints de sensibilité.

Pendant une heure trente, l'artiste de la verve martèle l'auditoire à grands coups de larmes et de souffrance. Une souffrance lourde à porter, comme en font foi les nombreux cris du cœur lancés au gré de la prestation. Rejet, peine et soif de vengeance assaisonnent à la perfection un texte bien de son temps, qui a pour principale qualité de transporter l'amateur d'une émotion à l'autre, sans même lui donner le temps de souffler.

L'oeuvre, faut-il le rappeler, est née dans le cadre d'une résidence d'auteur à Paris. Alors qu'il marchait seul dans Paris By-Night avec sa carte de la Ville lumière dans les mains, Patric Saucier a osé demander son chemin à une passante. Cette dernière s'est arrêtée, l'a regardé de la tête aux pieds, puis a poursuivi sa route sans même lui répondre. Comme si, en raison de son gabarit hors norme, il n'en valait pas la peine.

Misant sur cette colonne vertébrale autobiographique, l'œuvre finale se veut un grand cru qui s'adresse non seulement à tous les gros de ce monde, mais aussi à tous ceux et celles qui ont, un jour ou l'autre, été victime de ces regards méprisants et accusateurs.

L'interprétation de l'artiste frôle la perfection, lui que l'on sent véritablement imprégné de chacun des mots. On parle ici d'une performance d'acteur digne des plus grandes scènes, au terme de laquelle les spectateurs se retrouvent cloués au plancher, littéralement assommés par ce coup de poing théâtral.

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