«Au Québec, seul le Bloc québécois peut empêcher un gouvernement Conservateur majoritaire» - Gilles Duceppe
«L’année 2008 risque fort d’être une année électorale et, si c’est le cas, le Bloc Québécois aura un rôle crucial à jouer: nous aurons la responsabilité d’empêcher les conservateurs d’obtenir une majorité qui leur permettrait de mettre en place, sans aucune retenue, leur idéologie de droite, qui va à l’encontre des priorités et des valeurs du Québec», a déclaré aujourd’hui le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, devant les militantes et les militants réunis à Québec dans le cadre de la deuxième journée de formation électorale nationale d’une série de deux. On y attend au total plus de 500 personnes.
Le chef du Bloc Québécois a lancé un appel à ses troupes pour qu’elles soient prêtes à tout moment, car l’enjeu de la prochaine élection fédérale est immense pour le Québec. «Avec un gouvernement conservateur qui rêve de briser la solidarité sociale et de flouer le Québec, il n’y a qu’un seul moyen de les empêcher de faire plus de dégâts et c’est d’élire au Québec les députés du Bloc Québécois», a-t-il prévenu.
Lourd bilan, même minoritaire
Gilles Duceppe a rappelé que les conservateurs sont au pouvoir depuis seulement deux ans et que déjà, leur gouvernement minoritaire traîne un lourd bilan. Le chef du Bloc Québécois a fait valoir que, dans les dossiers des droits des femmes, des aînés et des travailleurs, ceux de l’Afghanistan, du Protocole de Kyoto, des crises manufacturière et forestière, de l’éthique gouvernementale ou encore de la prétendue ouverture des conservateurs face au Québec, les Québécoises et les Québécois ont chaque fois été trahis par les actions des conservateurs.
«Avant de prendre le pouvoir, Stephen Harper s’était engagé à rembourser les aînés qui ont été privés des prestations du Supplément de revenu garanti. Aujourd’hui, il tourne le dos à ces personnes qui comptent parmi les plus démunies de notre société», a rappelé Gilles Duceppe.
«Les groupes chargés de la défense des droits des femmes ont payé la note depuis l’élection du gouvernement Harper en encaissant des compressions sauvages. Concrètement, par leurs gestes, les conservateurs ont fait la démonstration qu’ils n’attachent aucune importance aux droits des femmes à l’égalité», a poursuivi Gilles Duceppe.
«Les jeunes entre autres ont pu constater avec désarroi que les conservateurs ont tout fait pour saboter Kyoto, ce qu’ils avaient pris grand soin de cacher jusqu’en janvier 2006. Même chose d’ailleurs pour la présence canadienne en Afghanistan. Nous savions que Stephen Harper avait voulu précipiter le Canada dans la guerre en Irak en 2003. Maintenant, nous savons qu’il a adopté la politique guerrière de George W. Bush en Afghanistan. Imaginez maintenant les conséquences si la question se posait, par exemple, pour l’Iran et que les conservateurs formaient une majorité?», a-t-il enchaîné.
Plan d’aide insuffisant et inéquitable
«Autre exemple du travail des conservateurs à contre-courant des intérêts du Québec: la crise des secteurs manufacturier et forestier. Tous, du Parti Québécois au gouvernement Charest, en passant par les syndicats et les entreprises, ont décrié le plan des conservateurs. Non seulement il est déficient et inéquitable, mais il fait passer les intérêts de Stephen Harper et de son parti avant ceux des travailleuses et des travailleurs, ainsi que des communautés qui vivent de ces secteurs d’activité au Québec. En effet, la mise en œuvre du plan d’aide n’est même pas assurée puisque Stephen Harper a pris soin de la rendre conditionnelle à l’adoption du budget de 2008», a déploré Gilles Duceppe.
«Les conservateurs promettaient des ministres du Québec pour défendre les intérêts du Québec. Deux ans plus tard, nous sommes forcés de constater que ces ministres du Québec se sont écrasés les uns après les autres. Jean-Pierre Blackburn s’est écrasé dans le dossier de l’industrie forestière; Maxime Bernier s’est écrasé dans le dossier de l’industrie manufacturière; Michael Fortier s’est écrasé dans le dossier des achats dans le secteur aéronautique; Josée Verner s’est écrasée en permettant des concessions inacceptables face au respect du français dans les forces armées. Lawrence Cannon, lui, s’est écrasé dans tous ses dossiers. Et en plus, il s’est moqué de l’idée d’un train rapide ici à Québec. Aujourd’hui, il doit ravaler ses propos: la Chambre de commerce de Québec en fait une priorité, comme les gouvernements du Québec et de l’Ontario, et comme le Bloc Québécois», a-t-il poursuivi.
Députés de la région de Québec inexistants
«Et, que dire des députés conservateurs fantômes de Québec qui sont inexistants à la Chambre des communes? Les députés du Bloc Québécois, eux, n’ont pas peur de s’exprimer pour défendre haut et fort les intérêts du Québec et de Québec à Ottawa. Et, c’est pour cette raison que le Bloc va reprendre la région de Québec», a lancé le chef du Bloc Québécois.
L’éthique en prend un coup
«Il y a deux ans, Stephen Harper avait promis de changer la culture de corruption, de patronage et de copinage à Ottawa. Mais son bilan jusqu’ici – des sondages partisans effectués aux frais des contribuables ou encore des ex-candidats et autres amis du parti qui sont récompensés à coups de nominations et de contrats juteux - est loin d’être reluisant. Dans l’affaire Mulroney-Schreiber, Stephen Harper, qui avait promis une véritable enquête publique, cherche maintenant à gagner du temps en repoussant le début des travaux. Ce qu’il veut, c’est simplement que la population en sache le moins possible d’ici les prochaines élections», a dénoncé Gilles Duceppe.
«Enfin, les conservateurs n’ont aucunement tenu leurs promesses d’ouverture envers le Québec. Stephen Harper avait promis d’éliminer le déséquilibre fiscal, d’encadrer le pouvoir fédéral de dépenser et de transférer des points d’impôt, mais il n’a respecté aucun de ces engagements. Il avait promis de respecter les compétences du Québec, mais il a plutôt multiplié les assauts pour forcer la création d’une commission canadienne des valeurs mobilières. Il s’est vanté d’avoir reconnu la nation québécoise, mais, par son inaction il a fait la démonstration que cette reconnaissance n’est pour lui qu’une coquille vide», a enchaîné le chef du Bloc Québécois.
Le Bloc, la seule solution au Québec
«Les personnes âgées, les femmes, les jeunes, les travailleurs, bref, l’ensemble des Québécoises et des Québécois, ont été floués par les conservateurs de Stephen Harper. Imaginez maintenant s’ils étaient majoritaires! Ils voudraient tenir le Québec en laisse, continuer indéfiniment à faire la guerre, imposer le modèle américain à la George W. Bush, multiplier les cadeaux aux pétrolières et pratiquer l’égoïsme social sans retenue», a prévenu Gilles Duceppe.
«Tant que le Québec, grâce au Bloc Québécois, les confinera dans un statut minoritaire, les conservateurs devront refréner leurs ardeurs. C’est pourquoi nous allons nous préparer comme jamais. J’en fais une affaire personnelle. Vous me connaissez. Vous savez ce qui m’a toujours motivé en politique: c’est la justice sociale et la souveraineté du Québec. Je me suis battu pour faire respecter le Québec. Je me suis battu aussi pour les chômeurs, et pour les Québécoises et les Québécois ordinaires. Moi, je vais m’occuper de Stephen Harper. Ensemble, nous allons nous occuper du Parti conservateur du Canada. La marche de la droite canadienne va s’arrêter au Québec. Fiez-vous sur moi, les conservateurs ne passeront pas. Nous devons et nous allons gagner», a conclu Gilles Duceppe.
* (Source: Aile parlementaire du Bloc Québécois)