Le Dr Stéphane Bergeron aux côtés de son innovation scientifique Neuroactive qui permet de stimuler les fonctions cognitives.
Mettre son cerveau en mode cardio avec un nouvel outil pour muscler sa santé cognitive
Dossier spécial: Maladie d'Alzheimer
Tous s'entendent pour dire que pour être en forme, il faut s'entraîner au moins trois fois par semaine, à raison de 30 minutes pour chaque séance d'entraînement. Mais votre cerveau, comment se porte-t-il? Tourne-t-il à vide?
Le Dr Stéphane Bergeron s'est penché sur ce capital santé, en collaboration avec une équipe formée de médecins, de neuropsychologues et de spécialistes en informatique, pour élaborer le logiciel Neuroactive. Ce programme d'entraînement s'adresse aux personnes de 35 ans et plus et vise à stimuler la fonction cognitive du cerveau, afin de prévenir les effets du vieillissement. Le logiciel en question comporte 16 exercices pour développer autant de fonctions du cerveau.
«Le logiciel va travailler parfois sur la mémoire auditive, parfois visuelle. Les exercices, qui ressemblent à des jeux vidéo, vont développer aussi la mémoire des noms et des visages», prétend le Dr Bergeron.
En 2006, une étude américaine réalisée auprès de 2 832 personnes, publiée dans le Journal of the American Medical Association, a révélé qu'un court programme d'entraînement cognitif permettait d'accroître la performance de certaines fonctions cérébrales.
«Ça peut augmenter d'environ 20% en moyenne sur la mémoire et la vitesse d'exécution du cerveau. Quelqu'un qui a 60 ou 70 ans peut ainsi retrouver la forme de son cerveau de 10 ans plus jeune», affirme le Dr Bergeron.
Carol Hudon, expert en neuropsychologie de la mémoire et en neuropsychologie gériatrique, tient à nuancer les vertus vantées par le Dr Bergeron sur le nouveau logiciel. «Ce programme m'a été présenté par l'équipe de Neuroactive. C'est intéressant, parce qu'il permet de s'exercer cognitivement et de retarder le processus du déclin, mais ça ne doit pas être considéré comme la seule solution, et ça doit être testé scientifiquement.»
Quant aux personnes atteintes d'Alzheimer, M. Hudon avance que seules les personnes étant rendues à un stade léger ou modéré pourraient éventuellement effectuer les exercices proposés. «D'un autre côté, on n'est pas sûr si c'est efficace, si les patients peuvent tolérer ce type d'activité-là. Probablement qu'ils ne seraient pas en mesure de soutenir le rythme», explique-t-il.
Percée états-unienne?
L'instigateur du projet Neuroactive a des visées larges. «Depuis plusieurs mois, on travaille pour un lancement commercial au États-Unis, notamment auprès d'athlètes et de stars, prévu en février 2008», affirme le Dr Bergeron.
Notons que ce programme d'entraînement est mis de l'avant par Brain Center International, une société scientifique spécialisée dans le domaine des neurosciences. Le Dr Bergeron en est le président et chef de direction. Les personnes intéressées à essayer quelques exercices en démonstration peuvent se prêter au jeu à l'adresse suivante:
www.neuroactive.ca
Étude multi-intervention
Par ailleurs, en ce moment, s'amorce la première phase pilote d'une étude internationale portant sur les bienfaits de l'activité physique, les habitudes de vie et l'activité cognitive.
L'étude multi-intervention pour la prévention des pertes cognitives associées au vieillissement s'étalera sur 10 ans. Les chercheurs principaux sont Zaven Katchaturian (Las Vegas), Bruno Vellas (Toulouse), Serge Gauthier et Sylvie Belleville (Montréal).
Vrai ou faux?
- Toute activité intellectuelle entraîne la vitalité du cerveau = Faux. La personne doit fournir un effort lors de l'activité intellectuelle donnée, afin de préserver ou de renforcer sa vitalité cognitive.
- La dégénérescence des fonctions cognitives du cerveau est inévitable et irréversible = Faux. En 2004, des chercheurs suédois ont publié dans la revue Nature Neuroscience une étude démontrant que l'entraînement cognitif change l'anatomie et l'activité du cerveau. À tout âge, le cerveau peut se changer, se remodeler et se régénérer.
- La maladie d'Alzheimer est principalement d'origine génétique = Faux. Des recherches récentes démontrent que le facteur génétique n'est responsable seulement qu'à 33% du déclenchement de la maladie d'Alzheimer. L'environnement, le manque de stimulation cognitive et l'absence d'entraînement physique régulier en seraient responsables à 66%.
Lisette Demers
Commentaire mis en ligne le 18 novembre 2008j`aimerais savoir ou l`on peu se procurer se programme pour la mémoire .... MERCI