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Maîtres chez nous? Pas vraiment...

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 19 janvier 2008 à 10:47
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Maîtres chez nous? Pas vraiment...
Le cinéma d'ici a connu une légère baisse au cours des douze derniers mois, voyant sa part de marché au box-office québécois passer de 11,73 % en 2006 à 10,72 % en 2007. Rien de bien alarmant, me direz-vous. Mais si je vous disais que cette part de marché était de 18,2 % en 2005…
Bien sûr, la cuvée 2005 en fut une de grands crus. Pendant qu'Aurore, C.R.A.Z.Y et Le Survenant atteignaient droit au cœur les cinéphiles les plus sensibles, Maurice Richard, incarné par Roy Dupuis, redonnait ses lettres de noblesse au chandail tricolore en rappelant avec quelle fierté les joueurs de l'époque défendaient les couleurs de la Sainte-Flanelle. Dieu que les temps ont changé! Sans oublier Horloge Biologique, une œuvre culte du cinéma québécois qui a apporté son lot de discussions chez les jeunes couples en voie de fonder leur famille. Bref, cinq titres qui, à eux seuls, ont largement contribué à engorger les guichets des complexes cinématographiques de la province.

Depuis, c'est la dégringolade. Une chute dont ont profité les marchés américains et français, eux dont les parts de marché 2007 se chiffraient respectivement à 75, 97 % (74,15 % en 2006) et 5,42 % (3.95 % en 2006). Des résultats qui sont le reflet d'une offre à la hausse, qui jumelée à une stabilité de la production québécoise, a pour conséquence de diminuer le pourcentage de ces dernières dans l'offre totale.

Cette chute est-elle attribuable à une qualité moindre du produit? Loin de là! Au cours des dernières années, le cinéma d'ici a énormément progressé, voyant du même coup sa qualité reconnue au-delà des frontières. Je parle ici des longs-métrages, mais aussi des performances d'acteurs et d'actrices qui, à l'instar de Stéphane Rousseau ces jours-ci dans Astérix aux Jeux olympiques, se voient offrir de prendre part à des mégaproductions étrangères.

Alors, comment expliquer cette baisse? Une question de gros sous et de promotion. Car sans rien enlever aux films Les trois petits cochons, Nitro et Ma fille, mon ange, les trois plus grands succès québécois de 2007, leurs budgets sont aux antipodes de ceux d'Harry Potter et l'Ordre du phénix, Spiderman 3 ou encore Les Simpsons : le film, grands gagnants du box-office québécois 2007. Et qui dit gros budget dit productions plus imposantes, plus impressionnantes et plus attirantes. Mais pas nécessairement meilleures.

Est-ce possible de renverser cette tendance en 2008? Peut-être, si on se fie à la liste des sorties annoncées. Parions qu'un film comme Cruising Bar 2 attirera son lot de curieux, qui souhaiteront renouer avec les nombreux personnages de Michel Côté. Aussi à surveiller : La ligne brisée (un drame de boxe avec Guillaume Lemay-Thivierge et David Boutin), La belle empoisonneuse (un amour impossible avec Isabelle Blais et Maxime Denommée), Dans une galaxie près de chez vous 2 (le grand retour de l'équipage du Romano Fafard), Un été sans point ni coup sûr (dernier-né de Francis Leclerc), Le grand départ (premier film derrière la caméra de Claude Meunier) et Cadavres (troisième collaboration de Patrick Huard et Érick Canuel).

Ne manque plus que le maïs soufflé… et de grâce, éteignez vos cellulaires!

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