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Fonds publics mon œil!

Article mis en ligne le 22 janvier 2008 à 7:30
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Fonds publics mon œil!
Moins de deux mois après l’élection du maire Régis Labeaume, Gilles Marcotte, conseiller municipal du district de Jean-Talon (arrondissement de Charlesbourg) et président du Réseau de transport de la Capitale (RTC) a ressorti des boules à mites le controversé projet de tramway.
La demande renouvelée du RTC est à l’effet de recevoir du gouvernement du Québec une subvention de 8 M$ pour faire (ou refaire?) une étude de faisabilité sur ce projet. Selon les analyses précédentes, cet éventuel tramway était évalué à plus de 1 G$. Or, lorsqu’on y regarde de plus près, ce projet n’amènerait aucune amélioration de service aux usagers du RTC puisqu’il ne servirait qu’à remplacer les autobus par des voitures sur rails sur deux parcours déjà existants (800 et 801).

Heureusement pour nous, le ministre responsable de la Capitale, Philippe Couillard, ne semble pas entiché et nous éviterons probablement cette dépense inutile pour un projet pompeux. Par contre, n’étant jamais à cours d’idées somptuaires, le RTC a commencé à mettre en place son système d’aide à l’exploitation et l'information du voyageur (SAEIV). Ainsi, si ce projet est réalisé au coût de quelque 25 M$, nos autobus et abribus seront dotés d’écrans indiquant l’endroit où nous sommes sur le parcours, le temps qu’il reste à parcourir jusqu’à destination ou le temps qu’il reste avant que le bus arrive à l’arrêt où nous l’attendons.

Pendant ce temps, les banlieusards attendent toujours un service de transport en commun efficace qui permettrait aux citoyens de Beauport, Montchâtel, Val-Bélair, Cap-Rouge, Saint-Augustin, etc. de circuler vers le centre-ville ou d’autres endroits de Québec en moins de temps que les deux heures et plus qu’il leur faut trop souvent compter. D’ailleurs, il y a à peine un an, M. Marcotte lui-même a avoué, en entrevue radiophonique, ne pas prendre le bus à cause du temps requis pour effectuer le trajet vers son bureau.

Le site internet du RTC énonce sa mission à savoir de mieux vivre la ville par un transport collectif de qualité au meilleur coût pour la collectivité. Doit-on leur rappeler que la ville s’étend maintenant à l’ensemble de la région de Québec? Les citoyens de tous les secteurs payent des taxes et sont en droit de s’attendre à pouvoir, eux aussi, vivre la ville par un transport collectif de qualité. Cela est beaucoup plus important qu’un tramway, des écrans dans les bus ou des bornes aux arrêts.

En 2007, le budget du RTC était de 138 M$ réparti comme suit: 47 % provenant de la Ville de Québec; 35 % de la clientèle; 7 % de la taxe sur l’immatriculation; 7 % de subventions du gouvernement du Québec; et 4 % de revenus divers. C’est donc dire que 61 % de ce budget provenait de nos taxes et impôts. Peut-on souhaiter que nos élus conscientisent les dirigeants du RTC et ceux de tout autre organisme relevant d’eux, que les fonds publics qu’ils gèrent proviennent des fonds privés que sont nos salaires à partir desquels sont payés ces taxes et ces impôts? Ce même avertissement devrait être servi à tous les fonctionnaires de tous les paliers de gouvernement qui semblent trop souvent l’oublier.

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbé)

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