L'école François-Jacques-Roussin accueille une quarantaine d'enfants de la communauté du batey Mata los Indios.
Une belle marque de respect
Une école de République dominicaine porte le nom de François-Jacques Roussin
Le souvenir de François-Jacques Roussin, ce jeune coopérant carougeois décédé accidentellement en juin 2004 en République dominicaine, est désormais inscrit de façon toute spéciale dans la communauté du batey Mata los Indios. La petite école dont l'effondrement du toit lui avait coûté la vie et qui a été reconstruite depuis la tragédie porte maintenant son nom.
Rappelons que FiJi comme le surnommaient ses amis faisait partie d'un groupe de six étudiants du Collège St-Lawrence qui avaient décidé d'effectuer un stage humanitaire en République dominicaine en collaboration avec l'organisme Plan Nagua. Les jeunes coopérants devaient procéder à des travaux de finition d'une école dont l'installation de tableaux, de pupitres et d'autres équipements nécessaires à son bon fonctionnement.
Mais une fois sur le terrain, les travaux se sont avérés beaucoup plus importants. Le16 juin 2004, alors qu'il était assis dans une échelle, François-Jacques a été blessé mortellement lorsque le toit s'est effondré sur lui.
Une campagne menée depuis 2004 par trois coopérantes du Plan Nagua en vue de poursuivre l'œuvre de reconstruction de l'école a permis d'amasser plus de 32 000$. Mais le gouvernement dominicain a finalement décidé de construire à ses frais une nouvelle école destinée aux 40 enfants du batey Mata los Indios.
L'institution scolaire porte ainsi le nom de François-Jaques-Roussin en hommage à celui qui a laissé sa vie en tentant de permettre à de jeunes Dominicains d'avoir d'avoir accès à l'éducation. «Les jeunes de cette terre de souffrance garderont une intarissable gratitude envers le jeune Canadien qui est mort en partageant la douleur, la sueur et les rêves de justice d'une communauté dominicaine tenue comme marginée», est-il d'ailleurs inscrit à l'école.
Rapport du coroner
Dans un rapport déposé en novembre dernier et visant à éclaircir les circonstances du décès et à éviter qu'un tel drame se répète, le coroner Luc Malouin demande aux organismes organisant des stages à l'international de mettre en place de bons mécanismes en cas d'urgence majeure pour que la santé des participants ne soit pas en danger. Il est aussi d'avis que les organismes doivent mieux définir les objectifs visés par les stages et les travaux à effectuer.
Dans ses recommandations à Plan Nagua, le coroner suggère également de mieux former les accompagnateurs afin qu'ils puissent intervenir efficacement dans une situation problématique et de s'assurer que ces derniers aient le pouvoir et l'autorité pour faire cesser toute activité qui leur paraît trop dangereuse et non conforme aux buts du stage.
Au ministère des Relations internationales et à l'Agence canadienne de développement international, Luc Malouin recommande d'établir des critères de subvention qui délimitent de façon précise les risques acceptables pour les stagiaires et de s'assurer que les travaux confiés à ceux-ci ne vont pas à l'encontre de nos lois.