Michel Fontaine, membre du conseil d'administration et président-directeur général de la Régie régionale de la santé et des services sociaux.
Santé: les urgences désengorgées et les négos terminées
Vision économique 2008
En ce début d'année, Québec Hebdo a interrogé le président-directeur général de la Régie régionale de la santé et des services sociaux (RRSSS), Michel Fontaine et la présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, Lina Bonamie, pour souligner des faits saillants de 2007 entraînant des changements en 2008.
En mai dernier, la région de la Capitale-Nationale a été nommée l'hôtesse du projet-pilote du Dossier Santé Québec, auquel une cinquantaine de professionnels de la santé y participeront au printemps 2008. Ce projet-pilote permettra de vérifier l'intégration des technologies au contexte clinique dans un environnement hautement sécuritaire.
En outre, la situation dans les urgences s'est nettement améliorée, selon le directeur du RRSSS. Ce désengorgement est dû notamment à la mise en place de cliniques réseau et à la création de Groupes médecine famille (GMF).
Les trois premières cliniques réseau ont vu le jour en mars 2007. Une quatrième s'est ajoutée en novembre dernier. Ces cliniques réseau regroupent des médecins qui pratiquent dans un lieu central.
«Ça peut être un GMF, mais ce n'est pas toujours le cas», indique Pierre Lafleur, de la Direction des affaires corporatives et des communications à l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (ASSS).
Les patients allant dans une clinique réseau, qui est subventionnée par l'ASSS, n'ont pas besoin d'être inscrits.
«Dans les cliniques réseau, les infirmières font le tri et la planification, ce qui augmente le niveau d'efficacité. Les médecins vont voir seulement les cas pertinents», explique Michel Fontaine.
Le GMF quant à lui a l'obligation de suivre un bassin de près de 15 000 personnes chaque année. De plus, les patients du GMF, également subventionné par l'ASSS, doivent s'inscrire. On compte près de 200 000 personnes inscrites dans les 17 GMF de la région de Québec. Dix GMF sont à venir. «Il devrait y en avoir deux créés sûrement en juin 2008», assure M. Fontaine.
Naissances et CHSLD
Parmi les projets qui à être réalisés en 2008 dans la région de la Capitale-Nationale, notons la Maison des naissances de Québec. Elle sera située sur la 1re Avenue dans Limoilou, à proximité de l'Hôpital Saint-François d'Assise. Cinq sages-femmes devraient être en poste pour assurer près de 200 suivis de grossesse par année. La construction du bâtiment de trois étages devrait débuter ce mois-ci pour se terminer au début de l'été 2008. Ce projet nécessite un investissement de 2,1 M$.
Dès octobre 2008, un nouveau Centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) devrait voir le jour en la Résidence Saint-Charles de Limoilou. «Il y a trois ans, près de 250 patients en attente d'hébergement en CHSLD étaient dans un hôpital. Maintenant, on est rendu à 47», annonce M. Fontaine.
Parmi l'une des mesures instaurées à Québec figure en tête de liste le rehaussement du maintien à domicile. «Ça constitue 70% de notre enveloppe budgétaire. Ce n'est pas notre objectif premier d'héberger les gens. On veut bonifier le maintien à domicile. La meilleure place, c'est à domicile, et non pas dans un CHSLD», croit M. Fontaine.
La pénurie d'infirmières va perdurer
Du côté de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), sa présidente Lina Bonamie affirme que la crise que connaît le réseau hospitalier quant à la pénurie d'infirmières ne sera pas résorbée cette année.
«Elle va perdurer encore pendant 5 ans, mais un comité de travail a été créé pour mettre en place des solutions afin d'atténuer cette pénurie. Les inscriptions dans les cégeps et universités ne pourront pas pour le moment contrebalancer les sorties vers la retraite.»
Selon la présidente de la FIIQ, la pénurie à Québec est moins aiguë que dans le Montréal métropolitain, qui détient la pôle position. «Ensuite vient l'Outaouais, où les infirmières sont attirées par l'Ontario. Dans cette province-là, elles peuvent gagner 5000$ de plus qu'au Québec.»
Tandis que certaines infirmières quittent pour se diriger vers le secteur privé, où elles peuvent gagner de 10$ à 15$ de l'heure de plus, d'autres décideront d'un départ vers la retraite plus hâtif. «C'est donc important de travailler sur la rétention des infirmières», insiste Mme Bonamie.
Dans la région de Québec, les négociations syndicales sont terminées; l'année 2008 devrait ainsi annoncer un climat de travail plus sain.
Rappelons que le métier d'infirmière demeure à prédominance féminine, puisque 92% des professionnels qui l'exercent sont des femmes. «Mais il y a de plus en plus d'infirmiers», observe Mme Bonamie.
Changement de titre chez les infirmières
L'année 2008 s'amorce avec une hausse de salaire obtenue l'année dernière, chez les infirmières bachelières comparativement aux infirmières possédant une technique. «L'infirmière, anciennement, on l'appelait infirmière bachelière. Maintenant, on l'appelle infirmière clinicienne. C'était le seul métier nommé selon son niveau de formation académique. On s'est penché là-dessus dans notre dernière convention collective. L'infirmière bachelière a un rôle différent de la technicienne. Elle s'occupe notamment d'élaborer et de gérer des programmes», informe la présidente de la FIIQ. Le métier d'infirmière demeure à prédominance féminine, puisque 92% des professionnels qui l'exercent sont des femmes. «Mais il y a de plus en plus d'infirmiers», observe Mme Bonamie.
(Photos: Véronique Demers)