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Police et mairie: le torchon brûle!

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Article mis en ligne le 11 janvier 2008 à 9:30
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Police et mairie: le torchon brûle!
L’agenda du nouveau maire était on ne peut plus clair. Décembre: budget, PTI et 400e anniversaire de Québec. Janvier: négociations avec les unités syndicales de la Ville. Tous ont compris sauf la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec.

Le message de Régis Labeaume avait eu des échos positifs auprès de l’ensemble des employés municipaux qui sont bien conscients de leur position privilégiée dans la société par rapport à l’ensemble de la population. Salaires, avantages, congés sociaux ou de maladies, vacances ou plan de pension, à tous égards, la fonction publique municipale fait généralement figure de nirvana pour l’ensemble des contribuables. Hormis les policiers, tous ont ouvert la porte au nouveau venu affirmant être à l’écoute du maire et de ses orientations. Tous se sont montrés disposés à entreprendre ces cruciales négociations dans un climat empreint de sérénité et de pragmatisme qui tienne compte de la capacité de payer des véritables patrons, les contribuables de Québec. Tous sont visiblement sensibles au désir du maire de redonner aux employés municipaux la «fierté» inhérente à la notion de service public et à la population, la «fierté» de sa fonction publique.

Un programme qui cherche à établir de nouvelles bases de travail à la hauteur de notre portefeuille et qui témoignera d’un souci profond de la nature des relations humaines. Le pari de M. Labeaume est de créer un milieu de travail harmonieux, valorisant et, par voie de conséquence, plus productif. Le programme n’est sans doute pas innovateur pour les Nord-Américains puisqu’il traduit les tendances contemporaines en matière de relations de travail. À l’Hôtel de Ville, la culture de travail, jusqu’à présent du moins, semble avoir beaucoup de chemin à parcourir pour entrer dans cette ère moderne. Quant aux policiers, ils semblent encore au Moyen-âge.

Dans le contexte où le rapport de force est pratiquement inexistant entre la ville et ses policiers, l’un et l’autre étant privés du droit de grève ou du droit de décréter <@R>le lock-out<@$>, seule l’opinion publique est à même d’exercer la pression nécessaire pour favoriser un règlement légitimement négocié. Autrement, c’est l’arbitrage demandé par l’une ou l’autre des parties ou l’arbitrage obligatoire. Ultimement, c’est une loi spéciale qui viendra décréter les nouvelles conditions de travail.

Or, la Fraternité a raté une belle occasion de montrer une ouverture au nouveau maire dès son élection en acquiesçant à l’agenda du maire et en attendant une première rencontre en janvier. L’exercice n’aurait sûrement pas porté de préjudices irréparables pour les policiers et policières qui, privés d’un contrat de travail depuis plusieurs mois, n’en continuent pas moins de payer leur épicerie chaque semaine et d’acheter des pantalons de camouflage pour s’ajouter à leurs garde-robes d’agent de la paix. Au demeurant, pour bien marquer leur esprit d’ouverture, ceux-ci auraient gagné beaucoup de capital politique s’ils avaient résolu de revêtir l’uniforme traditionnel en attendant l’échec d’une éventuelle ronde de négociations à la régulière pour lancer les premières salves.

On peut reprocher au nouveau maire d’avoir brandi le spectre d’une loi spéciale. En campagne électorale, celui-ci ne faisait qu’évoquer la dernière étape d’un processus reconnu. Il est vrai que M. Labeaume a répondu par la bouche de ses canons au président de la Fraternité, Jean Beaudoin , qui accusait la Ville d’avoir réalisé des économies dans l’application du plan de sécurité lors du Coup d’envoi du 400e. Tout de go, le maire avait alors soulevé la possibilité que les policiers syndiqués aient pu se servir de l’événement pour exercer de premiers moyens de pression. Ces propos ont certes jeté de l’huile sur le feu. Il en a remis encore en prévenant fermement les policiers de ne pas se pointer à sa résidence pour faire passer leur message, car «ça va brasser». Malgré le ton employé, le petit côté Napoléon reste populaire dans les quartiers de Québec.

Face à cette bataille de coq, le climat risque de s’envenimer précocement et inutilement. Pour l’heure, le capital de sympathie est l’apanage du maire. Régis Labeaume grâce aux 60 % d’appui populaire qui l’ont porté au pouvoir, grâce à la célérité démontrée pour stopper le programme d’embauche de la fonction publique, pour l’adoption du budget puis du PTI et pour son implication spectaculaire dans le dossier cafouillant du 400e anniversaire de la Ville est actuellement l’homme fort de la Ville. Fort à parier que si une élection avait lieu maintenant, M. Labeaume l’emporterait avec une majorité encore plus forte que celle du 2 décembre dernier.

Au niveau du rapport de force, le maire a donc l’avantage sur le syndicat des policiers. Il sera difficile à la Fraternité et à son président de modifier la donne. Absolument pas en s’amusant et en consacrant des énergies à fouiller les déclarations antérieures de son vis-à-vis concernant le dossier de la prostitution juvénile à Québec. Une tactique qui révèle une mauvaise foi évidente. À moins d’un changement d’attitude de la part des chefs syndicaux ou d’une gaffe magistrale d’un Régis Labeaume trop impétueux, l’appui de la population continuera à pencher en faveur du nouvel élu. À lui de garder le contrôle et de se méfier de ses déclarations incendiaires.

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