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Apprentissage du français à l'école: au travail!

Article mis en ligne le 15 janvier 2008 à 7:15
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Apprentissage du français à l'école: au travail!
En 2005, le taux d’échec des élèves de 6e année à l’examen de français du ministère de l’Éducation était de 17 %, soit 7 % de plus qu’en 2000. Par ailleurs, plus de 50 % des étudiants de 5e secondaire ont échoué la partie orthographe de l’examen du ministère.
«Les exigences à l’école doivent être resserrées si l’on veut que la qualité du français de nos jeunes s’améliore», estime Conrad Ouellon, président du Comité sur la qualité du français, groupe d’experts mandaté par la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne. Cette simple remarque de M. Ouellon m’a fait vibrer. Il y a longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un parler de resserrement d’exigences et d’augmentation de critères de réussite pour nos étudiants. Tellement longtemps, en fait, que j’en étais venu à me demander si je n’étais pas devenu un être rétrograde parce que je considère que le travail est essentiel au succès, tant à l’école que dans la vie.

Formé de neuf personnes, professeurs et didacticiens, le Comité sur la qualité du français avait comme mandat de faire une analyse de la situation et de recommander à la ministre de l’Éducation des solutions pour améliorer la qualité du français des étudiants québécois. Une diminution du nombre de classes par professeur de français, la formation des maîtres, l’amélioration de la qualité du français des enseignants et une meilleure sélection de ceux-ci, l’importance qu’on doit apporter au français dans l’enseignement de toutes les matières et la nécessité de faire couler plus d’élèves, s’il le faut, sont au nombre des recommandations du rapport qui a été soumis à la ministre Courchesne le 18 décembre dernier.

L’éducation, au Québec, vit un profond malaise depuis de nombreuses années. Or, pour améliorer les taux de succès, on a abaissé les critères de réussite plutôt que d’exiger une amélioration des connaissances. Consciemment ou non, ce nivellement par le bas des exigences de notre système scolaire a fait de nos jeunes des êtres aspirants à la médiocrité plutôt qu’au dépassement de soi.

Il est difficile de comprendre qu’il faille un comité d’experts pour dire au ministère de l’Éducation que l’apprentissage d’une langue (comme de toute autre matière d’ailleurs) ne peut se faire sans effort et sans exigence. Pourquoi cette compréhension n’existe-t-elle pas au ministère de l’Éducation où les solutions consistent, depuis trop longtemps, à faire de nouveaux programmes, à abaisser les critères de promotion et à tenter de développer de nouvelles méthodes d’enseignement?

L’apprentissage de la syntaxe, de la grammaire et de l’orthographe ne sera jamais une partie de plaisir. Les règles régissant notre langue sont immuables et, en plus, comprennent de nombreuses exceptions. Ces règles et exceptions doivent être apprises. On ne peut les modifier selon notre bon plaisir et une faute demeure une faute jusqu’à ce qu’on la corrige, que cela nous plaise ou non.

Cessons de nous leurrer, l’apprentissage est un travail et l’école n’est pas un terrain de jeu. Mettons-nous à l’ouvrage dès maintenant, nous avons suffisamment perdu de temps. La vraie réforme de l’éducation commence par le rejet de la pensée magique. Écrire et parler un bon français exigent de la rigueur, de la discipline et du travail, beaucoup de travail.

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbé)

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