À l'époque, les bains se prenaient dans un grand tonneau rempli d’eau chaude. L’homme de la maison avait le privilège de passer le premier, puis tous les autres fils et hommes. Alors, seulement après tous les mâles, venaient les femmes et finalement les enfants.
La vie au XVe siècle
Un brin d'histoire… avec la Société historique de Québec
La prochaine fois que vous prendrez votre bain et que vous trouvez que l’eau n’est pas à la température souhaitée, pensez à vos ancêtres qui vivaient au XVe siècle…
La plupart des gens se mariaient en juin, parce qu’ils avaient pris leur bain en mai et qu’ils sentaient encore bon. Cependant, la chaleur arrivant, ils commençaient à sentir, alors les mariées apportaient un bouquet de fleurs pour cacher l’odeur... De là vient la coutume, pour la mariée, de tenir un bouquet.
Les bains se prenaient dans un grand tonneau rempli d’eau chaude. L’homme de la maison avait le privilège de passer le premier, puis tous les autres fils et hommes. Alors, seulement après tous les mâles venaient les femmes et finalement les enfants, et le dernier de tous, le bébé. Mais, comme l’eau était devenue très sale et qu’on pouvait perdre quelqu’un au fond, on lançait la phrase, qu’affectionnait René Lévesque, avant de vider le tonneau : «ne pas lancer le bébé avec l’eau du bain»…
Les maisons avaient alors un toit de chaume; de la fine paille pilée l’une sur l’autre, sans bois souvent. Cela devenait la place favorite des petits animaux pour se tenir au chaud : chats, chiens, rats, souris et autres bestioles. Quand il pleuvait, l’endroit devenait glissant, et certains animaux tombaient; alors d’où vient l’expression anglaise : «it rains dogs et cats» qu’on traduit par «pleuvoir averse». Comme on ne pouvait les empêcher de tomber dans les beaux draps, cela devenait un vrai problème. Alors, on inventa le lit à baldaquin…
Le plancher devenait sale, facilement. Seuls les riches avaient quelque chose pour enlever cette saleté; les pauvres devinrent : «les sales pauvres». Les riches avaient des planchers en ardoise, qui devenaient glissants lorsque mouillés. Alors, ils y étendaient de la paille, de plus en plus de paille, et alors pour sortir facilement, on installait une planche vers l’extérieur… On venait d’inventer le seuil.
Une grosse bouilloire suspendue au-dessus du feu servait à faire cuire la nourriture. On en ajoutait un peu, chaque jour, des légumes, parfois de la viande… On laissait refroidir pendant la nuit et on réchauffait le lendemain. Après un certain temps, un peu de moisi apparaissait, alors on chantait une certaine chanson : «pois pourris chauds, pois pourris froids, pois pourris depuis neuf jours», d’où est venu «porridge»…
Parfois, ils obtenaient du porc. Certains voyageurs apportaient leur propre bacon; ce qui était un signe de richesse quand un homme pouvait apporter du bacon à la maison. L’expression est restée : «apporter du bacon à la maison». Et si les visiteurs le partageaient avec la famille, tout le monde «bouffait le gras»…
Les riches possédaient des plats en étain; mais les produits avec un grand taux d’acidité provoquaient l’empoisonnement. C’est pourquoi, pendant plus de 400 ans, les tomates ont été considérées comme poison… Le pain était divisé selon le statut de chacun; les travailleurs avaient droit à la croûte souvent brûlée du dessous, la famille, la mie du milieu et les invités la croûte du dessus…
Les coupes, souvent en étain aussi, pour la bière ou le whisky, provoquaient des malaises et les gens se traînaient sur les routes et on les pensait souvent morts. Mais avant de les enterrer, on les amenait sur la table de la cuisine, et pendant ce temps, les autres buvaient et mangeaient jusqu’à ce que le malade se lève enfin ou décède, pour le vrai… D’où vient la coutume de «la veillée au corps»…
Souvent, comme les cimetières étaient vite remplis, on enterrait, plus tard, dans le même terrain. Mais, plus d’une fois sur 25, on constatait que le «mort» précédent avait gratté et laissé des traces sur la pierre tombale. Force était d'admettre que certains avaient donc été enterrés encore vivants…
Alors, pour éviter pareille torture, ils décidèrent d’accrocher une corde au poignet du mort qu’ils laissaient ressortir en dehors et ils y accrochaient une cloche. Et quelqu’un devait veiller chaque nuit pour voir si la cloche ne sonnerait pas. Si oui, on disait qu’il avait été «sauvé par la cloche»… Tout ceci est la vérité, toute la vérité et seulement que la vérité… Qui osera affirmer que l’histoire est ennuyeuse?