Malgré un spectacle plutôt fade, la population de Québec a participé avec grand enthousiasme au Coup d'envoi des fêtes du 400e. (Photo Jean-François Gravel)
Un succès populaire sans équivoque
Les gens de Québec envoient un signal clair à l'organisation du 400e
En envahissant massivement place d'Youville pour participer au Coup d'envoi, la population de Québec a démontré sans l'ombre d'un doute qu'elle était prête pour les grandes célébrations du 400e. Le succès de l'événement relève d'ailleurs beaucoup plus de la participation populaire que de la qualité du spectacle et de l'organisation.
Les attentes des gens étaient fort élevées face à cette grande soirée d'ouverture, mais à voir les installations et la logistique plutôt déficientes, force est de constater que l'organisation n'était pas prête à recevoir autant de monde. Pourtant, tous les éléments pointaient depuis plusieurs jours déjà vers ce succès de foule, mais il faut croire que cette effervescence ne s'était pas propagée jusqu'aux dirigeants de la Société du 400e.
Le contrôle de l'accès à place d'Youville, qui affichait complet dès 21 h, en a irrité plus d'un. Mais heureusement, malgré quelques flammèches à certains endroits, tout s'est déroulé dans le calme.
Et que dire des fameux écrans géants érigés face au parlement. La déception des gens ayant décidé de marcher jusque-là dans l'espoir de voir un peu du spectacle était certainement beaucoup plus grosse que les installations elles-mêmes.
À place d'Youville, à moins d'avoir pu se frayer un chemin jusqu'à la patinoire, il était impossible d'apprécier à leur juste valeur les prestations des quelque 400 artistes réunis pour cette soirée. La puissance des équipements de sonorisation semblait inversement proportionnelle à l'immensité de la scène.
Dans le secteur du terminus d'autobus, pourtant situé à quelques pas de l'action, il fallait se contenter d'un bruit de fond plutôt cacophonique. «Est-ce qu'il parle en huron ?», m'a même demandé une dame durant la présentation de Max Gros-Louis qui était pourtant en français.
Et où était l'animation promise à compter de 21 h. Là encore, les organisateurs ont complètement manqué le bateau. Bien des formations de la région se seraient certainement fait un plaisir de réchauffer l'atmosphère. Il a fallu que Denis Bouchard lui-même monte sur scène pour calmer une foule qui commençait à s'impatienter.
Heureusement, il y avait la télévision pour nous permettre de voir ce que nous avions raté sur place. Et franchement, même en le regardant confortablement installé dans notre salon, il n'y avait rien de bien mémorable dans ce spectacle à part les impressionnantes vues aériennes d'une place d'Youville bondée et de l'imposante scène.
Lors d'un point de presse organisé en fin de soirée, le directeur artistique Denis Bouchard affichait sa satisfaction mentionnant que c'était exactement le spectacle qu'il avait imaginé au départ. J'ai presque envie de lui dire : «Avoir su M. Bouchard, on aurait confié la mise en scène à un des nombreux jeunes artistes de grand talent de la région que ce soit une Anne-Marie Olivier, un Frédéric Dubois ou une Nancy Bernier, au lieu de se contenter de cette vision plutôt montréalaise du 400e, aussi éclatée soit-elle.»
L'événement de ce Coup d'envoi est la participation enthousiaste de la population de Québec malgré les nombreux ratés de l'organisation du 400e depuis quelques mois. Reste aux artisans de la Société du 400e et à son nouveau président directeur général, Daniel Gélinas, à tabler sur cet esprit festif pour assurer le succès de ces grandes célébrations et ainsi faire taire les dénigreurs.