Salmigondis de fin d’année
«Le temps passe et déjà le temps n’est plus» chantait le poète Raymond Lévesque. Il avait bien raison, ce cher Raymond. Au moment où vous lirez ces lignes, vous aurez à peine tourné la page sur 2007 que déjà les premières heures de 2008 seront du passé.
2007 n’est certes pas un grand cru quoique des signes positifs laissent entrevoir une nouvelle année plus féconde. L’année se termine avec le souvenir du départ de la mairesse Andrée Boucher que certains combattaient, mais que tous respectaient. En fin d’année, le grand pianiste Oscar Peterson quittait définitivement la scène et l’assassinat de Benazir Bhutto secouait le Moyen-Orient, voire le monde. Sauf peut-être Québec, trop occupé sans doute à préparer son réveillon du Nouvel An ou le Coup d’envoi des Fêtes du 400e anniversaire.
Au fait, roulant vers le bureau ce matin du 27 janvier, mon vieux réflexe de boulimique de l’information m’a précipité sur l’appareil radio de mon véhicule souhaitant en apprendre davantage sur l’assassinat de l’ex-première ministre du Pakistan. La radio n’est-elle pas ce véhicule privilégié qui tout en entretenant un fort sentiment de proximité avec l’auditeur permet grâce à la magie des technologies de s’ouvrir instantanément aux réalités universelles? Malgré tout le «pitonnage» requis, rien. Niet. Si ce n’est à Radio-Canada où timidement les collègues Paul Ouellet et Alain St-Ours se rabattaient sur les «fils de presse» pour tenter de faire état de la situation. Ailleurs, c’était le silence total. À croire qu’aucun journaliste n’était en devoir dans les salles de nouvelles des radios de Québec. Il fut un temps où un événement de la sorte aurait mobilisé une armée de journalistes dans chacune de ces stations entraînant un véritable feu roulant d’observations, d’entrevues, d’analyses. C’était la façon locale de traiter l’information internationale.
Cet événement remettait en lumière le phénomène de la «montréalisation» de l’information. Pour ajouter à la réflexion, nous apprenions, à la veille de Noël, que CHRC, vendue au groupe Cadrin et Tanguay, allait se départir de son service de nouvelles. TQS est toujours en péril, des coupures ont eu lieu en 2007 à TVA et à Radio-Canada alors que Global est pour ainsi dire inexistant. Au Journal de Québec, le conflit perdure depuis avril dernier. Heureusement, le Conseil de presse du Québec et la Fédération professionnelle des journalistes visiteront tout le Québec au cours de l’année à venir pour faire le constat de la situation de l’information régionale et vérifier les attentes des régionaux. Voilà un point positif pour l’année à venir.
L’année 2007 a aussi permis à Transcontinental de publier son nouvel hebdomadaire le Québec Hebdo que vous avez sous les yeux. Grâce à son tirage record de 200 000 exemplaires, l’hebdomadaire est le plus important du genre au Québec. Son succès instantané démontre l’intérêt du public pour l’information locale et régionale. L’arrivée des 40 000 exemplaires quotidiens du MédiaMatin a confirmé ce sentiment dans la population. Si l’accouchement de MédiaMatin s’est réalisé dans la douleur d’un conflit de travail, un espoir de règlement est permis pour les premières semaines de 2008 alors que les parties se retrouveront face à face à la table des négociations.
Faits marquants de l’année politique locale, la montée fulgurante de Régis Labeaume vers la mairie et le peu de temps qu’il a mis pour imprimer sa marque au Conseil municipal sont porteurs de promesses pour l’année à venir. Le grand défi du renouvellement des conventions collectives avec les employés municipaux lui permettra de faire la preuve qu’il est l’homme de la situation tout comme l’esprit festif qu’il devra entretenir envers les activités du 400e ne devra pas servir d’écran à une administration qui a semé bien des doutes à ce jour. Régis Labeaume doit être le garant de la transparence nécessaire à l’administration des Fêtes.
À ce chapitre, on peut être déçu de ce que l’organisation n’ait pas honoré son engagement de faire connaître avant Noël un plan de transparence quant à la gestion de ses fonds qui sont de provenance publique. Faut-il rappeler que les politiciens responsables du financement public, Régis Labeaume, Philippe Couillard et Josée Verner avaient soutenu la Société du 400e et son président-directeur général Pierre Boulanger quant à son refus de se conformer à la Loi d’accès à l’information. En contrepartie, l’organisation avait promis de faire savoir «dès la semaine prochaine» comment on allait assurer la transparence nécessaire. On attend toujours. Convenons toutefois que ces inquiétudes ne doivent pas étouffer l’esprit de la fête. On lavera notre linge sale en temps et lieux.
2008 risque d’être une année électorale à Québec comme à Ottawa. Dans un cas comme dans l’autre, les partis politiques sont en mode préparatoire à un scrutin général et en quête de candidats de prestige. La région éditera-t-elle un nouveau Miracle-Québec ou celui-ci s’étendra-t-il ailleurs? Il sera intéressant d’observer le comportement des adéquistes et des conservateurs de la capitale.
Pour tous ces aspects de la vie de Québec, sans compter le développement économique et sportif, 2008 sera une année charnière. Peut-être l’An Un du nouveau siècle. On s’en souhaite toute une!