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Québec, chef de file de la parité

Les femmes de pouvoir sous-représentées mais en constante progression

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Article mis en ligne le 27 décembre 2007 à 8:30
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Québec, chef de file de la parité
Élaine Hémond du groupe Femmes, politique et démocratie et la députée d’Hochelaga-Maisonneuve Louise Harel étaient parmi les panélistes au débat Femme et pouvoir. (Photo: Véronique Demers)
Québec, chef de file de la parité
Les femmes de pouvoir sous-représentées mais en constante progression
À sa manière, l’Université Laval a souligné l’anniversaire de la tuerie de l’école Polytechnique survenue le 6 décembre 1989, par le débat Femme et pouvoir, à l’agora du pavillon Alphonse-Desjardins.
Louise Harel, députée d’Hochelaga-Maisonneuve, Élaine Hémond du groupe Femmes, politique et démocratie ainsi que Manon Tremblay, de l’Université d’Ottawa – panélistes invitées – s'accordent sur la constante progression du nombre de femmes occupant un en poste de pouvoir et l’évolution des perceptions à leur égard.

Toutefois, dans le monde, la parité est loin d’être atteinte. Selon Manon Tremblay, de l’Université d’Ottawa, cette parité devrait être obtenue en 2036. «Ce n'est qu'une une simple projection linéaire, corrige-t-elle. Bien des choses peuvent survenir. Depuis 14 ans, la proportion stagne.»

Mme Tremblay constate qu'au gouvernement, le Québec est un leader en terme de parité. «Le Québec fait figure d'exception; ça frôle la parité, mais aussi dans les pays nordiques, comme la Norvège.»
Évolution des perceptions
La députée d’Hochelaga-Maisonneuve a survolé l'évolution des mentalités, d'abord réfractaires aux femmes de pouvoir, puis plus ouvertes à accueillir des membres féminins au sein de d'un conseil exécutif ou d'un parti politique.

Mme Harel a cité en exemple la réflexion d’Henri Bourassa, publiée en 1919 dans Le Devoir: «L’introduction du féminisme sous la forme la plus nocive est la femme-électeur. Celle-ci engendrera bientôt la femme-cavaleur, la femme-télégraphe, la femme-souteneur d’élections, puis la femme-député, la femme-sénateur, la femme-avocat enfin, pour tout dire en un mot; la femme-homme, le monstre hybride et répugnant qui tuera la femme-mère et la femme-femme.»

Le travail en politique et la famille, deux univers conciliables? Mme Hémond a commenté sur une note positive: «Je suis optimiste que les femmes peuvent mener une carrière en politique sans mettre de côté la famille.»

La directrice du groupe Femmes, politique et démocratie a rappelé les motivations qui l'ont poussée à créer cette organisation en 1998.

«Dans les conseils régionaux, on a rencontré des femmes intéressées à la politique. Une femme en politique, ce n'est pas valorisé dans les milieux familiaux et communautaires. La question est sortie: Élaine, on veut de la formation; on veut rompre notre solitude.»

Depuis, les perceptions ont évolué, mais les politiciens des années 1970 gardaient en poche certaines remarques: «À l’époque, le plus beau compliment qu’on pouvait avoir était de se faire dire qu’on était le meilleur «homme» de l’équipe au sein du parti (…) Aujourd’hui, le pouvoir est un combat, une lutte de plus en plus démocratique», commente la députée Louise Harel.
Pouvoir = plaisir?
Louise Harel a insisté sur l'importance de s'épanouir, tant du côté professionnel que personnel. «Il n'y a pas que des embûches, des difficultés. Il y a aussi du plaisir à avoir du pouvoir», a-t-elle conclu.
«Une bonne part de la solution est en nous; les femmes doivent avoir confiance en elles et foncer dans le tas», a renchéri Manon Tremblay.

Cette réflexion sur la place qu’occupent les femmes à des postes de pouvoir n’a pas attiré foule: seulement une trentaine de personnes étaient présentes à ce midi du 6 décembre dernier.
«À l’époque, le plus beau compliment qu’on pouvait avoir était de se faire dire qu’on était le meilleur «homme» de l’équipe au sein du parti (…) Aujourd’hui, le pouvoir est un combat, une lutte de plus en plus démocratique»
- Louise Harel

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