Oreilles chastes s'abstenir!
La vulgarité a un nom : Peter MacLeod. Mais il s'agit là d'un compliment, s'il en est un, puisque force est d'admettre que le principal intéressé frappe en plein dans le mille avec son nouveau spectacle MacLeod : 3e round.
C'est un MacLeod en grande forme qui a pris d'assaut la scène de la Salle Albert-Rousseau, il y a une dizaine de jours à peine. Loin de faire dans la dentelle, l'humoriste a, comme lors de ses spectacles précédents, enchaîné les coups directs à la tête et au corps, puis a terminé bon nombre de ses numéros avec des uppercuts à la mâchoire qui ont tôt fait de dérider le public.
Fidèle à lui-même, l'homme de 38 ans tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge. Les jeunes d'aujourd'hui, les gros, les pédophiles et la surprotection parentale ne sont que quelques-uns de ses défouloirs. Et que dire de sa vision des accommodements raisonnables, qui ne manque pas de faire rire (parfois jaune) la foule déjà conquise.
Misant sur un humour très premier degré, qui ne plaira pas aux amateurs de grands textes, le McLeod nouveau s'inscrit dans la lignée de ce que l'on a déjà vu du principal intéressé. Si les inconditionnels se bidonneront et passeront une partie de la soirée à se taper sur les genoux, d'autres se demanderont franchement ce qu'ils sont venus faire là.
Parce que MacLeod ne plaît pas à tous. Il ne se contente pas d'entrer dans la parade déjà bondée d'humoristes à la verve pesée et posée. Il préfère être le leader, quitte à bousculer les règles établies. Et franchement, il atteint la cible.
Qui dit MacLeod dit langage pas toujours recommandé à un jeune public. Défilant les jurons à la vitesse lumière, l'homme pourrait facilement, à mon avis, se censurer lui-même. Parce que, comme diraient plusieurs, trop c'est comme pas assez. Et de toute façon, ça n'ajoute rien au propos. Il se permet même de boire et de fumer sur la scène. «Ils n'ont qu'à m'en donner un ticket», lance-t-il. Drôle jusqu'à un certain point, mais pas nécessairement un exemple pour la jeunesse. Ce dont il semble se foutre éperdument… et ceux qui l'adulent aussi.
En résumé, le spectacle Peter MacLeod : 3e Round représente un bon divertissement pour public averti, mais ne devrait pas permettre au blondinet à l'aube de la quarantaine de mettre la main sur un Olivier. Mis à part les trop nombreux écarts de langage, l'œuvre se veut du «une phrase un punch» à son meilleur. À voir pour certains, à revoir pour d'autres, d'autant plus que des supplémentaires sont annoncées les 27, 28 et 29 décembre à la Salle Albert-Rousseau.