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Pas de religion à l’école

Article mis en ligne le 25 décembre 2007 à 8:00
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Pas de religion à l’école
La majorité des parents du Québec voudraient pouvoir choisir entre le nouveau cours d’éthique et culture religieuse et l’enseignement religieux confessionnel, selon un sondage CROP mené entre le 22 novembre et le 2 décembre dernier.
Nous ne savons pas si Mario Dumont s’est inspiré de ce sondage pour faire sa malhabile sortie sur ce nouveau cours «d’histoire des religions», qui sera enseigné dans nos écoles primaires et secondaires à compter de septembre prochain. M. Dumont demande un moratoire sur l’enseignement de ce cours afin d’en revoir le contenu. En fait, cette demande de report semble avoir pour seul objectif d’y insérer une prépondérance de la religion catholique parce que, selon M. Dumont, «il est de notre devoir de faire en sorte que les enfants des néo-Québécois connaissent et comprennent bien l’héritage de la majorité».

Aussi maladroit qu’il fut en se moquant d’une légende autochtone, la sortie de M. Dumont nous permet de remettre en question la pertinence de ce nouveau cours. En effet, contrairement à lui et au gouvernement actuel, je pense que ce cours devrait être tout simplement retiré des programmes d’enseignement. Proclamée en 2005, l’abolition des cours de religion dans les écoles du Québec est une excellente décision du gouvernement Charest.

Malgré cela, les bigots tentent toujours de nous convaincre qu’il faut continuer d’enseigner la religion dans nos écoles. Pendant ce temps, d’autres personnes, se prétendant plus ouvertes, ont convaincu nos dirigeants qu’il est normal que nos enfants «modernes» soient imprégnés à l’école du multiculturalisme religieux prévalant maintenant au Québec.

Les deux groupes ont tort. L’enseignement de la religion relève des parents et de l’Église qu’ils ont choisie, non de l’école. L’enseignement de l’éthique et de la culture des différentes religions n’a pas, lui non plus, sa place au primaire ou au premier cycle du secondaire. Les enfants y sont trop jeunes pour comprendre les nuances exigées par cet apprentissage. Si l’on y tient, au nom de l’ouverture au monde, cet enseignement pourrait se faire en 4e et 5e secondaires.

Le ministère de l’Éducation devrait donc remplacer ce nouvel enseignement par des cours de civisme et de conscience sociale. Ces cours ne comporteraient aucune connotation religieuse et véhiculeraient tout simplement les valeurs fondamentales de notre société. Ces valeurs sont celles d’honnêteté, d’égalité, de respect d’autrui, de respect des lois, de démocratie, de liberté de choix, en incluant celle de la pratique religieuse et de non-discrimination en raison de la race, du sexe ou de la religion.

Il serait certainement préférable pour notre société que nos enfants apprennent ces valeurs communes et fondamentales, sans la connotation religieuse qui introduit trop souvent la mise en évidence de nos différences plutôt que de nos similitudes. Il ne faut donc pas permettre à Mario Dumont de relancer un débat qui nous divisera à nouveau comme il l’a fait avec les accommodements raisonnables.

Par ailleurs, notre gouvernement doit comprendre que les Québécois de toutes origines ont davantage besoin de se retrouver au sein de valeurs communes que de se laisser diviser par leurs croyances religieuses. Il est dès lors opportun de sortir de nos écoles la religion sous toutes ses formes, y compris sous celle du futur cours d’éthique et culture religieuse.

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbé)

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