Dans Le Soleil du 12 décembre, sous la plume de Julie Lemieux, nous apprenions que les ministres Josée Verner et Philippe Couillard, ainsi que notre nouveau maire Régis Labeaume, auraient convenu que la Société du 400e de Québec ne sera pas soumise à la Loi d’accès à l’information.
Dans le secret du bureau de l’un d’entre eux, ils en seraient venus à la conclusion que cette loi n’était pas adaptée aux circonstances puisque plusieurs contrats avec des artistes comportent des clauses de confidentialité. De ce fait, disent-ils, les documents mis à la disposition des journalistes seraient raturés et pratiquement inutiles. La solution proposée est pour le moins surprenante.
Comme, selon eux, la Société du 400e a compris l’importance de faire preuve de plus de transparence, nos trois élus auraient décidé de la laisser juger par elle-même des documents qui doivent être rendus publics afin de rétablir le lien de confiance avec la population. Ainsi, la Société dont les agissements sont questionnés décidera de ce qu’elle rendra public et des questions auxquelles elle répondra. Ceux qui nous représentent n’auraient-ils pas compris que c’est exactement ce qui passe déjà? Encore pire, se peut-il que l’ayant compris, ils aient quand même confirmé l’omerta qui entoure cette organisation depuis sa création?
Il faut rappeler à nos élus que la Loi d’accès à l’information n’est pas l’apanage des journalistes puisque tout citoyen peut y recourir. Or, tant les citoyens que les journalistes sont suffisamment intelligents pour juger des documents qu’ils recevront et de la pertinence des ratures qui y seront faites. Il est finalement très bizarre que les élus ne veuillent pas que la Société du 400e soit soumise à une loi à laquelle eux-mêmes sont assujettis.
Les informations diffusées récemment ont démontré que les dirigeants de la Société n’ont pas manifesté un grand souci de transparence. Il est trop tard pour penser qu’on leur vouera maintenant une confiance aveugle. La Loi d’accès à l’information devient donc une garantie incontournable. Pour éliminer tout doute, il faudrait même penser à demander aux vérificateurs généraux de nos trois gouvernements d’examiner ce qui s’est passé dans cette société depuis sa création.
J’invite donc à nouveau MM. Couillard et Labeaume ainsi que Mme Verner de s’assurer que la Société du 400e soit soumise à la loi d’accès à l’information. J’invite même le président directeur général de la Société, M. Pierre Boulanger, de même que tous les membres du Conseil d’administration de la Société du 400e (voir le site
www.monquebec2008.com pour en connaître les noms) de le proposer à nos élus.
Ultimement, je rappelle à nos élus que les fonds gérés par la Société du 400ième proviennent de nos impôts. Leurs décisions ne doivent donc pas laisser à penser que l’on tente de bâillonner les journalistes ou encore de cacher des choses aux citoyens qui payent pour ces célébrations. Dans ce genre de situation, les doutes sont plus pernicieux que toute autre chose. La crainte que des faits pouvant être dévoilés jettent de l’ombre sur ces fêtes ne doit pas servir de prétexte à maintenir une forme de loi du silence qui a déjà trop duré.
N.B.: Pour des raisons techniques, cette chronique hebdomadaire est rédigée le mercredi pour publication le samedi. Il se peut donc que la situation ait évolué durant le délai prévalant entre sa rédaction et sa publication.
* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbé)