Quelques mois après avoir lancé officiellement ses activités, la Coalition pour l'arrondissement historique de Sillery (CAHDS) passe en mode action et propose notamment la création d'un parc à géométrie variable qui permettrait de préserver le secteur et de le rendre accessible à la population.
L'Arrondissement de Sainte-Foy–Sillery devrait déposer, en début d'année, un Programme particulier d'urbanisme (PPU) qui balisera les différents projets touchant les grandes propriétés conventuelles du district de Sillery. Les artisans de la CAHDS ont ainsi décidé de prendre les devants et de présenter leur vision des choses avant que la Ville dévoile son plan de match.
«Les gens s'inquiètent de la défiguration de ce patrimoine exceptionnel mais malheureusement trop peu connu de Québec parce qu'il s'agit bien souvent de grands domaines privés, souligne Renée Bissonette, membre de la coalition. Nous sommes à un point tournant de notre histoire et il faut agir avant qu'il soit trop tard.»
Les membres de la coalition proposent donc de limiter les projets de développement au recyclage des bâtiments existants ce qui, selon eux, constitue déjà un fort potentiel pour les promoteurs ayant l'œil sur les grands domaines. Ils demandent aussi que soit créé, le long de la falaise, un parc doté d'infrastructures d'accueil et d'un centre d'interprétation qui pourrait être relié à la promenade Samuel-De Champlain.
«En 1908, les Ursulines voulaient lotir les plaines d'Abraham. Des gens se sont battus et c'est comme ça que le parc qu'on connaît aujourd'hui est né, rappelle Jean Bousquet, professeur de foresterie à l'Université Laval et consultant auprès de la coalition. Nous avons entre les mains ce qui pourrait devenir un site de calibre international qui rehausserait grandement le potentiel récréotouristique.»
Ce dernier est bien conscient que le projet nécessiterait de la part des différents paliers de gouvernement des investissements considérables se comptant fort probablement en dizaines de millions de dollars. Mais selon, lui c'est davantage une question de volonté politique que d'argent. «Des fonds sont disponibles pour ce genre de projet, affirme-t-il. Il suffit de cogner aux bonnes portes.»
Jean Bousquet espère que la future mairesse ou que le futur maire sera sensible à ce dossier. «Depuis la fusion, la Ville de Québec n'a mis aucune énergie pour accompagner les citoyens du secteur dans leurs démarches, mentionne-t-il. On a même de la difficulté à reconnaître que c'est un arrondissement historique.»
La coalition a mis en ligne sur son site Web
www.sillery-joyau.ca), une pétition signée jusqu'à maintenant par près de 4000 personnes. Elle y réclame notamment qu'aucun nouveau développement immobilier ne soit autorisé sur les sites de la Fédération des Augustines, du Domaine Benmore, des Sœurs de Jésus-Marie, des Sœurs de Sainte-Jeanne-D'Arc, des Pères Assomptionnistes et du cimetière ST. Patrick.
«Ce n'est pas une question qui touche uniquement Sillery mais la Ville de Québec dans son ensemble, estime le président de la Société d'histoire de Sillery, Hugues Michaud. Pourquoi on attend toujours que l'élastique soit rendu au bout avant d'agir.»