Guy Germain sillonne les glaces de curling depuis près d'un demi-siècle.
Monsieur curling a un nom : Guy Germain
S'il y a un amateur qui épiera les faits et gestes des meilleurs joueurs de curling présents à l'Omnium canadien BDO, c'est bien Guy Germain. Celui qui joue depuis près d'un demi-siècle, 49 ans pour être plus précis, est enthousiaste à la seule pensée de voir les stratégies que déploieront les 18 équipes parmi les meilleures au monde.
«C'est une chance en or de voir en personne des joueurs qu'on regarde régulièrement à la télévision, mentionne dans un premier temps Guy Germain. Le curling est un sport fait sur mesure pour la télévision. Contrairement au baseball, au hockey ou au football, il est possible de suivre la pierre lancée par le joueur du début à la fin sans perdre les autres joueurs de son champ de vision. De plus, le sport est devenu bien plus spectaculaire en raison des quatre premières pierres qui doivent être protégées.»
Le Charlesbourgeois âgé de 73 ans a débuté sa carrière comme membre du Cambrai country club de Québec, un complexe qui comprenait sept glaces de curling et qui était situé à l'intersection des rues Joffre et Raymond-Casgrain dans le district Saint-Sacrement-Belvedère. Il a même présidé les destinées de ce club à deux reprises.
«En y pensant bien, on comptait dans ce temps là à peu près le même nombre de joueurs qu'aujourd'hui. Ce n'est que depuis sept ou huit ans que le curling dans la région de Québec a beaucoup évolué, principalement en raison de la télévision et de l'émergence d'excellentes équipes de la région de Québec dirigées par les François Roberge, Marie-France Larouche, Martin Crête, etc.», ajoute M. Germain.
Ce dernier est par ailleurs fier de dire que le Brier canadien, le plus important tournoi masculin de curling Senior au Canada, a pris naissance en 1926 au Bonspiel international de Québec qui en sera en janvier 2008 à sa 95e édition.
Au fil des ans, les techniques utilisées par les préposés aux glaces se sont également améliorées, ce qui a eu comme conséquence directe de permettre aux joueurs d'évoluer sur des surfaces de jeu similaires en tout temps.
«Ce que j'aime du curling, c'est que chacun des quatre membres de l'équipe a son importance, précise celui qui joue encore trois fois par semaine et qui dévale les pentes du Centre de ski Stoneham en saison hivernale en plus de jouer au golf en été au Club Lorette. Avec les nouveaux règlements, celui qui occupe le poste de «lead» est très important tandis que le troisième est celui qui juge la vitesse des pierres et qui facilite la tâche du capitaine.»
Compétiteur émérite
Guy Germain sait de quoi il parle quand on l'interroge sur le développement du curling à Québec comme en province. Depuis le début de sa carrière, il a connu bien du succès à titre de joueur en plus d'être un enseignant de première qualité. Il a notamment remporté le championnat provincial mixte en 1962 en plus de perdre à trois reprises en demi-finale du championnat provincial masculin face à l'équipe du skip Jim Ursel.
«La poussée de la jambe fait foi de tout au curling, poursuit le vétéran joueur. Je dis souvent qu'il faut apprendre à glisser avant de lancer une seule pierre. Cette seule poussée est responsable de la vitesse de la pierre. J'aime comparer l'apprentissage du curling avec ce qui se fait au hockey. Il faut savoir patiner avant de jouer. Il en est de même avec le curling», conclut Guy Germain.
Quelques termes importants
-Skip (capitaine) : joueur qui dirige le jeu et qui lance généralement les deux dernières pierres du bout
- Bout (manche) : division d'une partie marquée par le lancement de deux pierres par chacun des quatre joueurs des deux équipes rivales
- Maison : série de cercles concentriques au centre desquels se trouve un point, le bouton
- Bouton : gros point qui marque le centre de la cible à chacune des deux extrémités de la piste
- Marteau : avantage qu'a un joueur de lancer la dernière pierre dans un bout
- Vol : équipe qui marque un point quand elle n'a pas le marteau