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Qui aime bien, nourrit bien

Article mis en ligne le 7 novembre 2007 à 11:30
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Qui aime bien, nourrit bien
Une mère repousse un couguar! lit-on à la une, ou Un père tire son enfant d'un véhicule accidenté! On voit intervenir grand-mères, gardiennes et même passants: peu de gens hésitent face au danger lorsque la vie d'un enfant est menacée. Or, beaucoup de parents dévoués, d'amis et de voisins mettent systématiquement la santé et la vie des enfants en très grand danger tous les jours en les laissant trop souvent ne rien faire et manger n'importe quoi.
À première vue, voilà qui ne semble guère dangereux – on dirait plutôt un rêve d'ado – mais pourtant la génération d'enfants atteints d'embonpoint et d'obésité que nous sommes en train de créer au Canada risque fort de se transformer en société d'adultes inactifs aux prises avec toutes sortes de problèmes de santé.

«Les parents devraient se jeter sur la barbotine ou la boisson gazeuse de 50 onces et en éloigner leurs enfants pour les protéger!», affirme le Dr Tom Warshawski, membre du Comité de vie active saine de la Société canadienne de pédiatrie. Il blague bien sûr, mais il demeure convaincu que les boissons sucrées (boissons gazeuses ou jus supposément bons pour la santé) sont l'une des principales causes de la hausse de poids des enfants de cette génération. Ces boissons apportent parfois des centaines de calories par jour, mais comme elles ne coupent pas la faim, cet excédent de sucre se transforme tout simplement en gras. Ce qui est nuisible pour les enfants.

Depuis 1981, l'obésité (soit un poids dépassant de 20 % ou plus le poids idéal pour l'âge et le sexe) a triplé chez les enfants du Canada pour passer de 5 % chez les deux sexes à 16,6 % chez les garçons et 14,6 % chez les filles. Et le nombre d'enfants atteints d'embonpoint est passé de 15 % dans l'ensemble à 35,4 % chez les garçons et 29,2 % chez les filles.

«Cette situation a des répercussions énormes sur la santé, affirme le Dr Warshawski. À court terme, les enfants obèses ont des problèmes de santé mentale et une estime de soi médiocre. L'enfant très obèse est embarrassé et les autres enfants le traitent différemment.» Une étude réalisée aux États-Unis a révélé que les enfants obèses étaient moins heureux de leur vie que ceux qui suivent une chimiothérapie contre le cancer.

Or, le manque d'estime de soi peut-être grave, mais il n'est pas mortel. La véritable menace à la santé que les parents ne reconnaissent pas, ce sont les conséquences à long terme de l'embonpoint et de l'obésité prolongées. L'embonpoint et l'obésité jouent un rôle clé dans l'apparition de toutes sortes de problèmes de santé, des maux de dos et de l'arthrite causés par l'obligation de transporter un excédent de poids jusqu'à certains types de cancer, aux cardiopathies et au diabète de type 2.

Il y a une génération, la plupart des gens ne prenaient du poids que tard dans la vie, et on croyait que les maladies qui survenaient alors étaient celles de la vieillesse. Or, plus une personne engraisse jeune, plus elle commencera rapidement à en ressentir les conséquences. Les enfants et les adolescents qui grandissent avec de l'embonpoint pourraient être atteints de maladies sérieuses dès la trentaine et la quarantaine.

«Nous préparons nos enfants à une vie de mauvaise santé, prévient le Dr Warshawski. Un enfant sur trois né en 2000 sera atteint de diabète de type 2 à cause de son poids.» Le diabète de type 2 rend la vie difficile et fait mourir à petit feu: à mesure que le problème s'aggrave, les veines rapetissent et les organes flétrissent. Il peut en résulter de nombreuses années de douleur et d'incapacité, qui peuvent aboutir à la cécité, aux amputations et à l'insuffisance rénale.

Il serait facile pourtant de contrer la tendance: les parents, les enfants, les écoles et la société dans son ensemble pourraient contribuer à freiner ce que certains appellent «l'épidémie d'obésité».

Les médecins délégués participant à la 140e assemblée annuelle de l'Association médicale canadienne (AMC) en août se sont fixé l'objectif d'enrayer l'épidémie d'obésité en recommandant aux gouvernements d'imposer des périodes obligatoires quotidiennes de 30 minutes d'exercice à tous les enfants et les adolescents d'âge scolaire. Les délégués ont aussi préconisé la création d'un supplément convivial au Guide alimentaire canadien qui présenterait à l'intention des enfants et des adolescents une stratégie intégrée à suivre pour atteindre et maintenir un poids santé.

«Les parents du Canada veulent aider leurs enfants à vivre en meilleure santé et à intégrer à leur mode de vie une alimentation saine et l'exercice, a déclaré le Dr Brian Day, président de l'AMC. Comme société, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour encourager ces efforts.»

Le Dr Warshawski, préside la Childhood Obesity Foundation, déclare qu'il faut amorcer la lutte contre l'obésité chez les enfants dans le verre, en supprimant de leur alimentation les boissons sucrées (sans oublier de surveiller aussi toute la malbouffe).

Il faut ensuite réduire le «temps d'écran» – c'est-à-dire le temps que les enfants passent à la télévision ou à l'ordinateur, pour les inviter plutôt à devenir actifs, au grand air. «L'activité est naturelle pour les enfants, à moins qu'on les attache à quelque chose de plus intéressant, affirme le Dr Warshawski, et la télévision est très intéressante.» Son conseil? Fixer un horaire et le respecter. Permettre aux enfants une heure par jour d'ordinateur ou de télévision et tout fermer ensuite pour les obliger à aller jouer… ils apprendront ainsi à utiliser leur corps.

«Il n'est nécessaire que ce soit du hockey de compétition. Les enfants aiment simplement bouger», affirme-t-il. Il conseille aussi d'obliger toute la famille, et non seulement l'enfant grassouillet, à s'alimenter plus sainement. Il est toujours plus facile d'éviter de prendre du poids que d'en perdre. Il suffit donc d'interdire les aliments à forte teneur en gras à la maison et de veiller à ce qu'il y ait toujours des fruits et des légumes.

Le site web de la Childhood Obesity Foundation à www.childhoodobesityfoundation.ca présente d'autres renseignements sur les stratégies à suivre pour aider un enfant atteint d'embonpoint à grandir en santé et en force.

* (Source: le Bureau de la santé publique de l'Association médicale canadienne)

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