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L'art de compter dans son but

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 5 octobre 2007 à 8:30
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L'art de compter dans son but
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le tristement célèbre «Plan d'intervention en matière d'arénas et de pratiques sportives» a été plutôt mal piloté par l'administration municipale de Québec. Dans l'art de compter dans son propre filet et de prêter flanc à la critique, on aurait difficilement pu faire mieux. Le mot «concertation», si souvent utilisé à n'importe quelle sauce en politique contemporaine, aurait certes mérité une place dans la planification de ce grand dévoilement d'intentions mal ficelées.

Avant de déballer des chiffres et surtout des scénarios catastrophe allant jusqu'à la démolition de deux arénas utilisés à pleine capacité, il aurait mieux valu que les fonctionnaires responsables du dossier fassent un petit tour de table. D'une part, le service des communications de la Ville de Québec aurait certes pu agir efficacement au niveau de la livraison de l'information avant la tenue d'un comité plénier. D'autre part, les élus et surtout le conseil exécutif auraient eu grand avantage à profiter d'un éclairage plus global, plutôt que d'avoir à défendre des faits pratiquement accomplis.

Les arénas Gilles-Tremblay, à Beauport, et Jacques-Côté, à Sillery, sont peut-être des équipements défraîchis, mais ils demeurent des acquis utiles et fonctionnels. Il y a donc tout lieu de préserver ce qui a été payé par les taxes des contribuables et prioriser la rénovation ou la reconstruction plutôt que la démolition. Surtout, si d'éventuelles alternatives comme un super PEPS ou encore un centre multisports dans l'est de la ville ne sont encore que des images sur un plan, voire des idées dans l'air. Et, raison de plus, lorsqu'on se rappelle que des travaux d'amélioration majeurs y ont été effectués dernièrement.

Si on plaide la désuétude des équipements dénigrés, il faut à tout le moins être juste dans nos propos. On a beau déposer un rapport volumineux et abondamment truffé de graphiques et de statistiques, encore faut-il en calculer équitablement les tenants et aboutissants. Les plus récents arénas de la région ont été construits à la fin des années 1970. Si bien qu'ils ont tout près de 30 ans ou davantage. En cours de route, plusieurs ont profité de mises à niveau, principalement les plus âgés. Si on veut réellement s'émouvoir, il faut considérer que tous les arénas de Québec devront prochainement subir une cure de rajeunissement de plus de 3 M$ chacun. C'est le prix à payer pour respecter les nouvelles normes environnementales en matière d'élimination du fréon dans les systèmes de réfrigération des glaces artificielles.

Et puis, dans un contexte où on cherche à limiter les impacts de l'étalement urbain vers la banlieue et où on louange le retour au centre-ville sinon dans les quartiers de la première couronne de développement, quel message envoie-t-on en fermant les installations sportives de proximité? À une époque où on craint et se désole devant la prévalence des jeux vidéos engourdissants sur les activités sportives énergisantes, quel exemple donne-t-on à notre jeunesse?? Enfin, alors que survient une recrudescence inespérée pour la pratique de notre sport national, selon les organismes de hockey amateur de la région de Québec, quelle fierté affiche-t-on en désinvestissant pour favoriser les sports d'ailleurs???

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